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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 21:05

Originaire du Japon, de Chine (Anhui, Gansu, Guangxi, Hebei, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Jilin, Qinghai, Shaanxi, Shandong, Shanxi, Sichuan et Zhejiang), du Tibet, de Mandchourie et de Corée, ce lys est également connu sous le nom de Lilium tigrinum Ker-Gawl. ou lys tigre.

Il est cultivé depuis des temps ancestraux en Chine, en Corée et au Japon comme plante alimentaire (le bulbe est consommé et aurait le goût de la pomme de terre) et médicinale. Loureiro, au 19° siècle, le signale également en culture à Canton et le nomme pomponicum.

Il n’a été introduit en Europe qu’en 1804, à Kew Gardens, par Mr. William Ker qui envoya des bulbes de Canton. Redouté en réalisa deux planches, l’une représentant une fleur en 1813 et une autre représentant une inflorescence complète en 1816.

Ce lys est mentionné pour la première fois –sous le nom de L.tigrinum- dans les travaux de Kaempfer, qui fut, de 1690 à 1692, attaché comme docteur à la mission hollandaise sur l’île de Dejima au Japon (île artificielle construite en 1634 dans la baie de Nagasaki). Il est également mentionné par Thunberg  en 1794 sous le nom de L.lancifolium mais il fit une confusion avec L.bulbiferum. Cependant, le nom de L.lancifolium a été ressuscité, malgré cette ambiguïté, et est retenu dans la plupart des flores contemporaines. Le nom donné par Thunberg est prioritaire car le nom de tigrinum n’a pas été publié avant 1810. Toute la question est de savoir si sa description peut être considérée comme valide pour retenir ce nom. C’est pour cela que ce lys est plus connu sous le nom de L.tigrinum.

Découvert au Japon, ce lys fut ensuite trouvé par Wilson dans les montagnes du centre-ouest de la Corée. Il trouva sur l’île de Dagalet (aujourd’hui Ullung-do) une variété à tiges laineuses nommée var.fortunei. Baranova trouva la plante dans la région de Vladivostock, au sud de Sakhaline et sur les îles Kouriles. Il est noté que ce lys est mésophyte et préfère les vallées de rivières où il pousse parmi une végétation mixte en sol alluvionnaire riche en humus.

 

La plupart des formes cultivées de ce lys sont auto-stériles. Cependant, les plants produisent des bulbilles à l’aisselle des feuilles rendant ainsi aisée sa multiplication.

 

C’est une espèce de culture très facile, ne craignant pas le plein soleil ni les sols calcaires. Le problème est que la plupart des bulbes que l’on trouve dans le commerce sont infectés par un virus que ne semble pas affecté sa croissance mais qui est transmis par les insectes aux autres lys qui pourraient être également présents dans votre jardin. Notre plant a été semé à partir de graines collectées dans les montagnes du Japon afin de ne pas subir ce désagrément.

Les hollandais tentent de produire des bulbes exempts de ce virus et de bons résultats sont obtenus avec la var.splendens principalement. Le professeur Schenk, directeur de la Lisse Bulb Research Station, note en 1969, que la var.splendens est sensible au virus de la mosaïque et du tabac. Les symptômes se traduisent par des taches nécrotiques sur les feuilles.

 

3 variétés sont reconnues :

 

var.fortunei qui se distingue par ses tiges laineuses. C’est une plante vigoureuse qui peut atteindre 2 m de haut avec des tiges pouvant porter jusqu’à 40 fleurs orange-saumon. Elle a été découverte sur l’île de Ullung-do au large de la Corée. Wilson a découvert cette plante sur les falaises en bord de mer où elle pousse dans des poches où s’accumule l’humus. Cette variété fleurit plus tard, vers la mi-septembre. Répartition : île Ullung-do au large de la Corée et du Japon, Chine (monts Lushan)

 

var.splendens qui se distingue par ses fleurs plus grandes, fortement tachetées, orange-rougeâtre vif contrastant avec les tiges noires et les bulbilles foncées et brillantes. Un bulbe a été repéré dans un envoi de H.Linden depuis le Japon pour Bruxelles en 1867. Leichtlin l’a  cultivé et divisé afin d’en créer un stock important. Ces bulbes ont été commercialisés par Van Houtte, alors pépiniériste à Gand.

 

var.flaviflorum se distingue par ses fleurs jaunes qui sont également tachetées (voir photo). Cette variété a été découverte et décrite par Makino en 1933. Répartition : Japon (Kyushu, île Tsushima)

 

Lilium lancifolium a plusieurs fois servit pour l’hybridation. ‘Cardinal’ a été obtenu en le croisant avec L.amabile. Il a également été beaucoup hybridé avec L.bulbiferum, L.davidii, L.leichtlinii, L.maculatum, L. x umbellatum et L. x hollandicum pour obtenir, notamment, le spectaculaire ‘Enchantment’. La var.flaviflorum a servit pour obtenir de nombreux hybrides à fleurs jaunes et tigrées tels que ‘David Bowes Lyon’ et ‘Frederick Stern’. De nombreuses formes et hybrides avaient été présentés en 1969 en Hollande lors de la International Lily Conference.

Une variété à fleurs doubles, ‘Flore Pleno’ fait sensation au 19° siècle. Elle a été introduite du Japon en 1870 par M. le comte de Montebello au jardin d’acclimatation.

 

Lilium-lancifolium-2.jpg

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 22:31

L’arbre aux mouchoirs. Quel beau nom…et quel bel arbre !

 

Voici une espèce qui ne passe pas inaperçue lors de sa floraison. Pourtant, comme le bougainviller par exemple, ce ne sont pas ses fleurs qui sont décoratives mais les bractées qui les entourent. Chez le Davidia, elles sont grandes, blanches et ressemblent à des mouchoirs en papier. Certains l’appellent également « arbre aux pochettes » ou « arbre aux fantômes ».

Cet arbre est dédié au Père Armand David (1826-1900) qui étudia la vie sauvage en Chine durant plusieurs années où il découvrit de nombreuses plantes  ainsi que le fameux panda géant dans la région de Baoxing dans le Sichuan. C'est lui qui découvrit cet arbre et envoya les premiers échantillons en 1869 par l'intermédiaire du Professeur Baillon.

Notre dernière expédition en Chine a suivie ses traces et un article à son sujet et sur la région de Baoxing est paru en français dans la revue Hommes & Plantes N°65 et en anglais dans la revue Arnoldia 67(2). Nous y avons d’ailleurs observé plusieurs pieds en fleurs (début mai 2007). Le père David écrit dans ses notes à propos du Davidia : « arbre de 20 mètres, dressé, beau ».

L’arbre est une première fois illustré dans l’ouvrage de Franchet « Plantae Davidianae » en 1888 mais avec des inflorescences et bractées dressées et les feuilles étalées (au lieu de pendantes).

Le premier planté en France l'a été à l'arboretum des Barres. En 1912, le Curti’s Botanical Magazine écrit : «  Davidia est certainement la plus excitante nouveauté découverte dans l’ouest de la Chine ». Les premiers spécimens arrivés à Kew en 1889 avaient été collectés par Mr. A. Henry. L’introduction de l’arbre en culture date de 1897 avec l’envoi de graines collectées par le père Farges à destination de Mrs. Vilmorin. De ce lot, une seule graine germera deux ans plus tard. Farges envoie un second lot de graines en 1898 puis, en 1903, E.H. Wilson envoie lui aussi des graines à Veitch & Sons d’où est obtenu un grand lot de plantes. Wilson récolte également des échantillons en 1903 dans l’ouest de la Chine vers 2000 m d’altitude (n°3702, Herb. Mus. Paris). Le premier arbre à fleurir en culture était issu du premier lot de graines de 1897. Cette floraison a eu lieu en 1906 à l’Arboretum des Barres en France et fût illustré dans le Gardener’s Chronicle le 2 juin de cette même année.

Les arbres dans la pépinière Veitch à Coombe Wood fleurirent la première fois en 1911 et furent également illustrés dans Gardener’s Chronicle cette même année (voir illustrations également).

Une variante est alors observée sur les plantes de la pépinière de Veitch. Certains plants ont des feuilles vert pâle et lisses ou presque et d’autres avec les feuilles suffusées de rouge et poilues dessous. M. Dode, de Paris, considère alors qu’il y a trois espèces, D.involucrata,  D.vilmorinii en hommage à Maurice de Vilmorin et D.laeta (voir classification actuelle plus loin dans le texte).

Au contraire, Hemsley, Vilmorin et Wilson considèrent que ces variantes représentent tout au plus des variétés.

Voici comment Dode différentie les 3 espèces dans la revue horticole de 1908 :

-         Feuilles soyeuses en dessous : Davidia involucrata

-         Feuilles glabres et glauques en dessous : D.vilmoriniana

-         Feuilles glabres et vert-jaunâtre en dessous : D.laeta

Dode note en effet une différence selon les échantillons récoltés dans la nature :

Les échantillons de Wilson et Ducloux ont des bractées plus elliptiques, en général moins larges au sommet, plus teintées, avec des nervures plus marquées, plus foncées.

Les jeunes fruits sont plus allongés et à style plus fort et plus persistant, le noyau est plus étroit (échantillons Ducloux).

Les pétioles sont rouges et les bourgeons sont colorés par place (échantillons Wilson & Ducloux).

La marge des feuilles est plus ou moins marquée de rouge (échantillons Ducloux).

Dode place également Davidia tibetana en synonymie de D.involucrata. D.tibetana avait été décrit du Tibet par David en 1883.

Dode classe les échantillons de Henry sous D.vilmoriniana, illustré dans Hooker’s Icones Plantarum en 1891 (voir illustrations). Sur son échantillon, Henry a marqué : « seul arbre vu en 6 mois d’expédition ».

Du coup, D.vilmoriniana est la première « espèce » introduite en culture. Le lot de plantes cultivées dans les pépinières Veitch et issues des graines envoyées en 1903 par Wilson sont classées sous D.laeta.

Aujourd’hui, seule une espèce est reconnue – Davidia involucrata – avec une variété, la var.vilmoriniana.

L’illustration parue dans le Curti’s Bot. Mag. De 1912 a été faite d’après l’arbre en fleurs à l’Arboretum des Barres.

Le Davidia appartient à la famille des Cornacées, Davidiacées ou Nyssacées. C’est au choix ! En effet, il a tour à tour été classé dans ces trois familles. Celle des Davidiacées a été créée spécialement pour lui. Certains botanistes le classent dans les Nyssacées (avec le Nyssa) comme dans la flore de Chine par exemple. Kubitzki (The Families and Genera of Vascular plants, vol.6, 2004) le classe dans les Cornacées (comprenant les genres Cornus, Davidia, Mastixia, Diplopanax, Alangium, Camptotheca et Nyssa).

C’est un arbre rare dans la nature, relique du tertiaire. Il avait sans doute une large répartition mais a disparu de nombreuses localités lors des dernières glaciations pour ne survivre que dans le centre et le Sud-Ouest de la Chine. Il est appelé en Chine « fossile vivant » et « panda géant » du « royaume des plantes ».

L’arbre aux mouchoirs occupe en Chine une place importante dans la recherche floristique et est classé parmi les plantes protégées.

Il pousse dans les forêts caduques ou sempervirentes, sur les pentes en lieux ombragés et humides. On le trouve à Shennongjia (Hubei), dans les montagnes Wanchao (Xingshan), vers le temple Taishan (Enshi), dans les montagnes à Lichuan, dans la région de Swan (Jianshi), au petit Shennongjia (Badong), à Huangbaipeng (Hefeng), dans les montagnes Wu (Sichuan) et dans les montagnes Wuling (Hunan) à une altitude comprise entre 1280 et 1800 m. Il pousse également dans la région de Baoxing, Tianquan, Mabian et Leibo (Sichuan) entre 1800 et 2300m ; dans les montagnes Fanjing (Guizhou) entre 1000 et 1800 m ; à Zhenxiong, haiziping (Yiliang), Sanjiangkou (Daguan) ; Tongluoba (NE.Yunnan) entre 1200 et 1400 m ; Weixi, Gongshan et Lanping (NO.Yunnan). 

On le trouve souvent associé à  Fagus longipetiolata, Cinnamomum camphora (le camphrier), Aesculus wilsonii, Chimonobambusa tumidissinoda & Chimonobambusa quadrangularis (bambous), Castanopsis platyacantha, Schima superba, Actinodaphne omeiensis, Lithocarpus elegans, Lithocarpus cleistocarpus, Quercus engleriana, Gordonia axillaris, Cercidiphyllum japonicum et Cornus melanotricha dans des zones à température moyenne annuelle de 12-14°C avec 1200-1400 mm de précipitations.

Des arbres ayant plus de 150 ans poussent à Yezhixiang (Weixi) et Muganxiang (Daguan).

En Chine, plusieurs noms lui sont donnés : ‘Labizi’ dans le langage Lisu, ‘Oula’ dans le langage Nu dans les Gongshan ou encore jujubier sauvage (?) à Weixi.

Les chinois vénèrent cet arbre et le plantent beaucoup à travers la Chine, même à des altitudes bien inférieures à sa répartition naturelle. Ils aiment dire que ce sont les seuls mouchoirs capables de voler dans toute la Chine ! 

Concernant sa multiplication, les chinois ont réalisé des essais sur la germination des graines. Sans traitement, celles-ci mettent 1 à 2 ans pour germer. En plaçant les graines tout l’hiver dans du sable humide et en semant au printemps, on obtient un fort taux de germination dès la première année. Ses expériences sont menées par « The Forest Department of Huaihua » dans la province de Hunan. Les graines sont placées dans des plates-bandes de sable de 7 cm de profondeur, à l’ombre. Les graines sont placées à 5 cm sous le sable qui est arrosé tous les 3/5 jours. Les graines y sont placées vers mi-novembre et germent en avril. Le taux de levée est de 80%.

Le bouturage a été testé au jardin botanique de Guiyang sur des rameaux semi-ligneux dans du sable. La base des rameaux à bouturer est trempée dans 50-100 ppm d’acide indolacétique  durant 24 heures. Les racines apparaissent au bout de 30 jours et la reprise est de 50% environ.

Sa répartition : Chine (Guizhou, O.Hubei, O.Hunan, Sichuan, N.Yunnan), en forêts mixtes de montagne, à 1500-2600m 

Cette espèce est notée comme rare dans le « China Pl. Red Data Book » de 1992.

Distinction entre les deux variétés : 

Feuilles densément pubescentes dessous……….var.involucrata

Feuilles glabres dessous ou légèrement pubescentes quand elles sont jeunes, parfois glauques dessous……….var.vilmoriniana

 

Le Davidia vit dans des régions à hivers froids et à étés frais, brumeux et pluvieux. L’hygrométrie moyenne est y de 80 à 85%. Cet arbre est donc bien rustique mais craint les étés chauds et secs. Je connais de beaux exemplaires qui n’ont pas survécus à l’été 2003. Il faudra donc lui réservé un emplacement abrité du soleil brûlant et des vents chauds. Le sol devra ne jamais être desséché et rester humide. C’est un arbre à croissance assez rapide lorsqu’il est en de bonnes conditions.

Retrouvez sa description botanique complète, plusieurs photos et les gravures d'époque dans Asarum magazine n°8.

Davidia-involucrata-10.jpg

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 23:13

Qui dit cuisine asiatique, dit gingembre. Incontournable. Le genre Zingiber compte entre 100 et 150 espèces des zones chaudes de l’Asie. Hors de question donc, de planter ça dans son potager. C’est bien dommage car ce sont également de plantes très décoratives. Heureusement pour nous, jardiniers des régions froides, on trouve dans les montagnes du Japon, une espèce habituée aux hivers froids, Zingiber mioga. En ce 15 juillet, ses fleurs se sont ouvertes dans le jardin. Preuve de sa résistance au froid, nous l’avons vu dans son habitat, dans les forêts de montagnes, lorsque nous empruntions la route pour la célèbre station du Mont Hagishadate où se sont déroulés les J.O. de Nagano. Et puis, notre plant dans le jardin, qui passe les hivers sans protection, même lorsque le thermomètre descend bien en-dessous des –15°C.

Voilà donc un gingembre que l’on peut cultiver dehors chez nous. Bon, ok. Mais pour quoi faire ? Tout d’abord, pour l’ornement. Ses tiges dressées de 40/60 cm de haut portent de longues feuilles vertes avec un port évoquant les plantes que l’on peut trouver dans les sous-bois des forêts tropicales. Et, en été, cette multitude de fleurs jaunes qui apparaissent au pied des tiges. Notre plant est cultivé en isolé, dans une zone où l’on peut facilement observer sa floraison. C’est une plante d’allure peu banale. Et puis, comme tout gingembre qui se respecte, le asiatiques en ont trouvé plusieurs utilisations, culinaires et médicinales. Les boutons floraux sont très recherchés comme condiment frais. Emincés, ils sont utilisés dans des soupes ou des tempura. Même s’il est moins recherché que celui du gingembre officinale, son rhizome est tout de même parfois également utilisé tout comme ses jeunes pousses.

 

Pour être plus précis, cette espèce pousse naturellement au Japon et dans les provinces chinoises de Anhui, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Yunnan et  Zhejiang où on le trouve dans les vallées des montagnes en lieux frais. Il est étonnant de constater qu’il reste peu cultivé en Chine.

Il fut cultivé pour la première fois en France, à Paris au Museum, lorsque le Dr.Hénon envoya des rhizomes au Dr.Désirée Bois en 1879.

Un mythe japonais raconte que la consommation de cette plante rend distrait, tête en l'air,  voire amnésique. Autrefois, le disciple d'un grand maître était tellement distrait qu'il en oublia son propre nom… Après son décès, une étrange herbe poussa prés de sa tombe. Elle fut appelée mioga.

 

Ses feuilles peuvent tout de même approcher les 40 cm de long. Ses fleurs apparaissent, selon les régions, d’août à octobre. On le plantera au soleil non brulant ou à ombre légère dans toute bonne terre de jardin bien drainante, surtout en hiver où la plante est au repos.

 

Zingiber-mioga.jpg

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 23:22

Amoureux des plantes depuis tout petit, 15 ans de travail dans de riches collections botaniques, 12 ans d’explorations en Asie... Des milliers de plantes croisées au détour d’un chemin au sommet des Himalayas, au tournant d’un passage d’un parc anglais ou japonais ou tout simplement plantées dans notre jardin... Parmi celles-ci, j’ai décidé de vous en présenter 500. 500 qui ont une histoire, pour lesquelles j’ai eu le coup de foudre, 500 qui trouveront place dans nos jardins ou qui resteront au rang de mythiques car incultivables.... Cela fait beaucoup me direz vous ? Bien au contraire, la sélection sera difficile et rien n’est préparé. Imaginez que les voyages en Asie et les visites de jardins ont permit de réaliser près de 35.000 clichés de végétaux et que 5.200 d’entre eux sont cultivés dans notre jardin... Ma sélection ne s’arrêtera d’ailleurs pas forcément aux plantes asiatiques. C’est le cœur qui va parler. Quand nous arriverons à la 500°, je concrétiserai sans doute tout ça par un bel ouvrage (mon éditeur, lis-tu ces pages ???)....

 

1/ Phyllostachys nigra, le bambou noir (1/500)

 

C’est par les bambous que tout a commencé. Je me devais donc de débuter cette série par l’un d’entre eux. Il y a des dizaines de bambous que je trouve très beaux et, sans réfléchir, je choisis le bambou noir. Peut être que d’autres suivront, qui sait ?

Une fascination. Voilà le juste mot pour décrire ma découverte de cette plante. Il n’en fallait pas plus pour que je décide d’y consacrer mon mémoire de BTS. Visites de jardins, inscription à l’Association Européenne du Bambou, tout ceci m’a permit de rencontrer Yves Crouzet, à l’époque PDG des pépinière de la Bambouseraie, où j’allais travailler pendant près de 5 ans.

Tout me fascine dans le bambou : sa symbolique, ses multiples utilisations, sa grâce naturelle  et son graphisme hors pair. Alors, c’est vrai, il n’a pas une bonne réputation, on le considère comme envahissant dans nos jardins. Tous ne le sont pas et il faut apprendre à les dompter. Mais quel bonheur, au cœur de l’hiver, de voir ses chaumes colorés et son feuillage exubérant se détachant de cette brume grise et morne.

On pourrait raconter des centaines d’histoire sur le bambou. J’aime le bambou noir pour ses chaumes, qui, avec le temps, deviennent noir ébène et brillants. Un fabuleux contraste avec son feuillage vert frais. C’est un bambou unique. Au jardin, il formera une touffe dense de 3 à 4 m de haut environ. On dit ses feuilles sensibles aux vents froids de l’hiver, il se montre pourtant très résistant. Ses chaumes sortent verts et noircissent dans le courant de la 2° année. Il est alors judicieux de couper ses branches basses pour en dégager la base des chaumes.

Largement cultivé dans de nombreux pays, il est difficile d’en connaître l’origine exacte. D’après les chinois, ce serait dans le sud de la province du Hunan sur les pentes des montagnes et dans les vallées, en forêts. Mais il est cultivé depuis des temps ancestraux au Japon. Cela se comprend aisément car il reste très décoratif, même une fois ses chaumes secs. En effet, les pigments noirs des chaumes sont chimiquement stables et ils ne perdent donc pas leur couleur une fois secs. Ils sont très utilisés pour la décoration des maisons japonaises, pour les manches des pinceaux pour la calligraphie et comme supports pour les tapisseries.

Il en existe de nombreuses formes.

Phyllostachys-nigra-4.jpg

 

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