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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 21:31

Le genre Sorbus - les sorbiers - compte une centaine d’espèces dans les régions tempérées à subtropicales d’Asie, Europe et Amérique du nord. Presque la moitié des espèces sont endémiques de Chine.

Ils sont couramment plantés dans les jardins en raison de leur taille modeste, de leurs feuillages prenant de vives couleurs automnales, de leur généreuse floraison et pour leur fructification colorée. On trouve des espèces à feuilles composées (comme notre sorbier des oiseleurs) ou simples. Certains botanistes séparent le genre Sorbus (feuilles composées) du  genre Aria (feuilles simples). Ce n’est, à mon sens, pas justifié.

Nous aurons l’occasion de voir des sorbiers à feuilles simples plus tard dans cette série. Celui qui nous intéresse ici a des feuilles composées et se distingue vraiment de ses congénères. On le nomme parfois « sorbier à feuilles de fougère ». En effet, ses feuilles sont finement composées de nombreuses petites folioles donnant un air très gracieux à l’ensemble.

 

Cette espèce a été collectée pour la première fois par Wilson, en Chine, dans le Sichuan, sur les mont Emei en juin 1904 et dans les forêts à Wa-shan, entre 2000 et 2600 m, en juin et octobre 1908. Les échantillons collectés portent ainsi des fleurs et des fruits.

Le terme latin ‘scalaris’ réfère au mot ‘échelle’, sans doute à cause de l’apparence des feuilles avec leurs nombreuses folioles.

A cette époque (1906), un autre sorbier très proche est décrit par Schneider, Sorbus foliosa var. pluripinnata et placé dans le même groupe, celui des espèces au nombre important de folioles. Ce sorbier avait été collecté dans le Sichuan par Henry, en fruits (donc sans les fleurs). Koehne renomme ce sorbier au rang d’espèce à part entière, Sorbus pluripinnata. Mais déjà, il y a de gros doutes sur l’identité de cette nouvelle espèce que certains considèrent comme vraiment trop proche de S.scalaris. Et en effet, aujourd’hui, les deux sont synonymes.

En 1933, Bean proposa de le transférer dans le genre Pyrus (les poiriers) sous le nom de Pyrus scalaris.

La plante remporta un mérite en 1934 à la Royal Horticultural Society.

 

Son aire de répartition se limite à l’ouest du Sichuan et au Yunnan dans le sud-ouest de la Chine, où il pousse en forêts entre 1600 et 3000 m.

 

Dans le jardin, il présente plusieurs intérêts. Il reste un petit arbre peu encombrant de 3/5 m de haut. Il a un port très élégant avec son fin feuillage et ses inflorescences, au printemps, sont très larges. Il se couvre de petits fruits orange en automne. Dans notre jardin, il fait incontestablement partie des plus beaux arbres pour les couleurs d’automne. Il est alors flamboyant.

On le plantera au soleil ou à mi-ombre, dans toute bonne terre de jardin bien drainante. Il n’est pas difficile et ne craint pas les hivers froids.

+ de photos sur : http://www.asianflora.com/Rosaceae/Sorbus-scalaris.htm

 

Sorbus-scalaris.jpg

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 21:46

Les hybrides d’Iris germanica, très plantés dans les jardins, ont longtemps fait de l’ombre aux espèces sauvages, certes moins opulentes mais nettement plus raffinées. On recense plus de 220 espèces d’iris originaires de l’hémisphère nord. Il en existe de toutes tailles, formes et couleurs.

Depuis octobre 2010, notre collection est labellisée par le CCVS. Et si certains iris sont relativement courants, d’autres demandent des prouesses pour les découvrir !

 

C’est le cas de l’iris qui nous intéresse ici. Il est originaire d’une montagne située dans le sud-ouest de la Turquie. C’est une région qui a toujours été bien explorée par les naturalistes et, étrangement, cet iris n’a été décrit qu’en 1982. Il est vrai que d’autres espèces végétales ont été récemment décrites de ces régions mais cet iris est resté longtemps inconnu de part sa situation géographique. En effet, il pousse sur la montagne Honaz, près de la ville de Denizli, dans le sud-ouest du pays. Cette montagne n’est pas le bout du monde, loin de là, mais elle est entièrement interdite d’accès car zone militaire avec une base à son sommet.

Cela explique pourquoi cet iris est resté si longtemps bien caché.

 

En préparant un voyage dans cette région en avril 2006, j’avais repéré cet iris dans la littérature. J’avais donc bien envie d’aller le voir en fleurs dans son milieu naturel même si la probabilité de tomber dessus était faible. Passant à Denizli sur la fin de notre parcours, le détour par Honaz Dag était indispensable. C’est au pied de la montagne que nous avons vu les barrières et autres panneaux interdisant l’accès et stipulant que nous entrions en zone militaire en cas de franchissement des clôtures. Nous décidons donc de garer la voiture et d’explorer la flore située au bas de celle-ci. Il y avait plein de plantes intéressantes comme des aristoloches herbacées, des tulipes, des corydales, des fritillaires... mais pas d’iris. Le centre de diversité des iris se situe à l’est du pays et non dans cette région où ils sont plus rares. C’était tout de même dommage d’en rester là. On ne va pas passer par ici tous les jours !

Tant pis, on prend le risque et on franchit les barrières avec notre voiture de location. La route montait doucement sur le flanc de la montagne, offrant petit à petit une vue imprenable sur la région. La montagne était déserte. Nous avons suivi la route pendant un bon moment jusqu’aux plaques de neige, non loin du sommet et de la base, où fleurissaient des crocus et des scilles. Je pense que c’est à cet arrêt que nous nous sommes faits repérés...

 

Etant trop haut pour trouver notre fameux iris, nous redescendons en altitude et faisons un arrêt, au détour d’un virage. Nous cachons le véhicule derrière un bosquet (erreur à ne pas faire si on veut faire croire qu’on n’avait pas vu les panneaux...). Cela ne faisait pas 3 minutes que nous étions descendus de voiture, que plusieurs véhicules remplis de militaires arrivent au galop vers nous.... Nous venions juste de tomber sur une touffe d’iris non fleurie. Pas le temps de réfléchir et tergiverser, avant que les militaires nous arrêtent, j’en glisse un petit morceau dans ma poche. On verra bien mais si j’arrive à le ramener, on en aura le cœur net.

 

Nous voilà donc remontés dans notre véhicule, avec 2 militaires armés sur la banquette arrière et escortés jusqu’à la base par des camions. Les temps ont certes changés, mais qui a vu le film Midnight Express me comprend...

La suite dura quelques heures, soupçonnant maintenant les militaires d’en avoir profités pour nous flanquer une belle frousse. Passeports, des tas de questions en turque, appareils photos (à cette époque, je faisais encore de la diapositive, il était donc impossible de leur montrer les photos et j’avais peur qu’ils confisquent toutes les pellicules du voyage), coups de téléphone, regards étranges sur mes parts d’herbiers...

C’est étrange comme par moment on ne fait pas son malin !

Nous serons finalement escortés jusqu’au pied de la montagne en espérant ne pas être « fichés » pour notre départ à l’aéroport quelques jours plus tard.

 

Mais revenons à mon petit bout d’iris dans ma poche. Il a très bien survécu à l’aventure et il trouva rapidement sa place dans la rocaille de notre jardin. Mais son identité restait toujours mystérieuse. A ce stade, pas moyen de le distinguer d’un simple Iris lutescens....

Il fallu attendre 2 ans pour enfin savoir... De hautes tiges dressées émergèrent du feuillage pour déployer de magnifiques fleurs correspondant à tout point à... Iris purpureobractea !

Quelle chance ! et quel bel iris....

 

Sur sa montagne, il poussait dans un sol très caillouteux et bien drainant. Nous lui avons donc recréé un substrat similaire. L’altitude à laquelle il vit, fait qu’il est tout à fait résistant à nos hivers. C’est une espèce à rhizomes et non à bulbe du groupe Pogoniris. Ses feuilles poussent par touffes serrées et ne dépassent guère les 15/20 cm de haut. En fleurs, par contre, il monte bien plus haut et atteint près de 40 cm environ. Ses fleurs sont blanches à jaune pâle ou bleu pâle et variablement teintées de pourpre. Elles s’épanouissent en avril-mai.

 

Cet iris a été décrit par B.Mathew & T.Baytop en 1982 dans la revue The Garden où ils notent au moins 3 stations dont certaines ne comportent que des plantes à fleurs jaunes. Le clone que nous avons ramené est à fleurs blanches joliment lavées de pourpre.  Un iris à cultiver dans la rocaille ou en auge, dans un substrat bien drainant, même pauvre et caillouteux, en plein soleil.

 

Iris-purpureobractea-2.jpg

 Iris-purpureobractea-3.jpg

 

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 21:24

Avec près de 70 espèces dans notre jardin, je me suis toujours dit que les gens devaient nous prendre pour des fous à planter des ronces de partout.

Les ronces sont des plantes ligneuses ou herbacées appartenant à la grande famille des Rosacées.

Le genre Rubus est largement répandu dans l’hémisphère nord principalement. Ils peuvent former des fourrés épais appelés ronciers et les différentes espèces peuvent adopter un port érigé, retombant, rampant, voire grimpant.

C’est un vaste genre comptant entre 700 et 1000 espèces et qui est assez complexe du point de vue taxonomique.

On y retrouve donc beaucoup de plantes très épineuses formant des fourrés impénétrables et envahissants, mais pas seulement…

Parmi les centaines d’espèces, on en trouve à feuillages très décoratifs, à belles floraisons, à fruits succulents ou encore d’autres non épineuses. Et ce sont ces espèces qui vont nous intéresser au jadin.

Les fruits, charnus, sont composés de nombreuses petites drupes comestibles et sont appelés mûres à cause de leur ressemblance avec le fruit du mûrier (genre Morus).

Le plus connu est sans doute le framboisier (Rubus idaeus) que l’on retrouve souvent au fond du jardin. Pour le jardin, nous allons donc distinguer les espèces peu ornementales mais aux fruits savoureux et les espèces décoratives que l’on utilisera pour l’ornement des massifs.

Rubus setchuenensis, que l’on appellera la mûre du Sichuan, réunit les deux à la fois : intérêt gustatif et ornemental. C’est une de mes espèces préférées.

Je l’ai vue pour la première fois lors d’un voyage en Chine, sur les pentes du mont Emei dans le Sichuan où elle est abondante, surtout dans les zones déboisées. Ayant regretté de ne pas en avoir ramené, je me mis en quête de cette plante et j’ai pu la trouver dans une pépinière hollandaise. Aimant tout de même bien avoir une origine sur les plantes que je cultive dans notre jardin, j’ai pu, lors de plus récents voyages, en collecter dans la même province.

Dans le jardin, elle étonne à chaque fois les visiteurs. Ses longues branches arquées s’élançant comme un harpon, portent de grosses feuilles arrondies donnant un air très exotique à la plante. Les feuilles prennent de superbes teintes mêlées de jaune, vert et marron à l’automne. Nous avons là l’aspect décoratif. Tout l’été, la plante se couvre de longues inflorescences pendantes très mellifères portant de nombreuses fleurs qui ne sont pas très belles, avouons le. Mais elles sont suivies de nombreuses mûres noires tout à fait savoureuses. On peut les consommer crues ou en faire d’excellentes confitures. Elles arrivent à maturité en septembre, soit bien après les autres espèces. La plante donne généralement de bonnes quantités de fruits. Et pour couronner le tout, ses tiges ne portent pas d’épines rendant la cueillette très agréable et la plante n’est pas envahissante. Elle atteint certes de belles proportions, mais elles ne fait pas de stolons dans le sol. Ce sont ses longues branches arquées qui peuvent s’enraciner lorsqu’elles touchent le sol mais j’ai remarqué que ce n’est pas systématique.

La plante peut être utilisée pour tirer une teinture violet-bleu de ses fruits.

 

Rubus setchuenensis a été décrite en 1891 par Bureau & Franchet. Elle forme un arbuste de 2 à 3 m de haut avec de longues branches vigoureuses tomenteuses et non piquantes. Ses feuilles simples, suborbiculaires ou largement ovales, mesurent 7/15 cm de long et de large, avec 5 à 7 lobes peu profonds. Les feuilles sont vertes mais parfois marquées d’une tache sombre au centre. Les inflorescences sont terminales ou axillaires, de 8/14 cm de long pour les terminales. Les fleurs mesurent 1/1.5 cm de diamètre. Les fruits sont noirs à maturité, de 1 cm de diamètre environ. Fleurs en juillet-août, fruits mûrs en septembre-octobre.

 

Originaire de Chine (provinces du Guangxi, Guizhou, Hubei, Hunan, Sichuan et Yunnan)

Pousse sur les pentes, au bord des forêts et des routes, dans les fourrés, dans les zones déboisées, de 500 à 3000m.

 

Il faut prévoir pour cette plante un grand emplacement. Elle aime le soleil ou la mi-ombre dans un sol ne se desséchant pas trop.

 

Rubus-setchuenensis.jpg

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 20:50

 

 

La famille des Lauracées comprend un certain nombre des genres intéressants pour les jardins. Outre le fameux laurier-sauce utilisé en cuisine, on y trouve des arbustes ou arbres que l’on plantera pour l’ornement.

Un genre asiatique peu connu et comportant pourtant de très beaux spécimens, est le genre Machilus. Celui-ci a été rattaché au genre Persea -comprenant l’avocatier- en 1962 par Kostermans. La nouvelle flore de Chine conserve encore cependant les deux genres séparés. La raison principale, je pense, de la méconnaissance de ce genre dans nos jardins, est la faible rusticité réservant ces plantes aux jardins à climats doux. Un des plus rustiques est peut être le Persea thunbergii (Machilus thunbergii).

 

Si l’on considère le genre Machilus, on compte environ 100 espèces originaires des régions chaudes du sud et sud-est de l’Asie avec pas moins de 82 espèces en Chine. On en trouve également quelques-unes au Japon.

Ce sont des arbres ou arbustes arborant de beaux feuillages persistants. Les fleurs sont groupées en grandes inflorescences paniculées.

 

Persea ichangensis est un petit arbre pouvant tout de même dépasser les 10 mètres de haut dans son habitat. Il se caractérise par ses longues et étroites feuilles brillantes. Elles peuvent atteindre 25 cm de long et 2 à 6 cm de large. Au printemps, ses inflorescences apparaissent sur les rameaux de l’année précédente, sous forme de panicules de 5 à 18 cm de long, et portent des fleurs blanches de 5/6 mm. Elles donnent en été des fruits presque globuleux de 1 cm de diamètre. On distingue deux variétés :

la var.ichangensis, avec des jeunes feuilles plus ou moins poilues dessous et des inflorescences de 5/9 cm. Elle est originaire de Chine, dans les provinces du Gansu, Hubei, Shaanxi et Sichuan, sur les pentes des montagnes et dans les forêts, entre 600 et 1400 m.

la var.leiophylla, avec des feuilles glabres et des inflorescences de 11/18 cm. Elle pousse dans les provinces de Guangxi, Guizhou et Hunan, dans les forêts, entre 800 et 1000 m.

 

L’espèce a été décrite en 1916 et la variété leiophylla en 1921. Elle a été collectée pour la première fois par Henry et par Wilson dans l’ouest de la province de Hubei, en 1901. En 1916, J.S. Gamble qui travaillait sur les Lauracées collectées par Wilson, le confond avec Machilus thunbergii, une espèce japonaise. Cette erreur est vite corrigée par Rehder & Wilson qui décrivent alors Machilus ichangensis. Ichang (Yichang) est une localité située dans le Hubei.

 

La plante n’est pas très résistante au froid, et on la plantera en extérieur uniquement dans les régions clémentes. Deux beaux spécimens sont signalés à Wakehurst Place dans le Sussex dans les années 1980, poussant en extérieur sans protection, en situation ombragée sur sol acide. Ils sont notés comme fructifiant bien. Je ne sais pas s’ils existent toujours. La photo montre un beau sujet dans l’arboretum de Batsford, au sud de Birmingham.

On le cultivera en situation protégée des vents forts, légèrement ombragée, sur sol riche, plutôt acide et bien drainant. Sa multiplication se fait facilement par semis. On peut également le bouturer mais le taux de reprise est faible.

 

photos : Maxime et Aurélie Van de Sande.

 

 

Persea-ichangensis.jpg

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 23:03

Le genre Rosa -les rosiers- forme un vaste genre qui comprendrait environ 200 espèces dans le monde. Taxonomiquement complexe, ce chiffre peut être très variable d’une publication à une autre. Si l’on considère le chiffre de 200, presque la moitié est présente dans la flore de Chine ! (95 espèces).

Et il n’est pas simple de s’y retrouver. Parmi tous ces rosiers, certains ont un intérêt non négligeable pour nos jardins. S’il est vrai que les rosiers botaniques ne sont pas remontants, ils ont une importance dans la décoration du jardin à l’automne par leurs fructifications généreuses et colorées.

 

Je présenterai quelques espèces dans cette série. Je commence par Rosa setipoda, un rosier à fleurs roses. Mais accrochez-vous, ce qui suit n’est pas simple et démontre toute la difficulté d’identification des rosiers sauvages !

 

Lors d’une expédition en juin 2004 qui nous fit traverser les provinces chinoises du Gansu et du Sichuan, nous avons visité la région frontalière entre les deux provinces. La ville principale est Songpan. Elle sert de départ pour deux sites très touristiques que sont les terrasses calcaires de Huanglong et Jiuzhaigou. Deux magnifiques lieux à visiter malgré l’affût de touristes. Mais autour de Songpan, on trouve également de petits hameaux tibétains très calmes et pleins de charme, à l’image de Sanlian où nous séjournerons quelques jours. C’est dans cette région que nous collecterons quelques graines de l’année précédente sur un rosier qui n’était pas en fleurs.

Comme cela arrive (trop) souvent, une seule graine a germé. Le plant repiqué et élevé en conteneur a été mis en pleine terre il y a 4 ans où il a commencé à fleurir. Une seule fleur, ce n’était pas suffisant pour faire une détermination sérieuse. L’année suivante, j’ai eu assez de fleurs pour me pencher dessus et déterminer l’espèce.

 

Rosa setipoda n’est pas une espèce très rare. Elle a été décrite en 1906 par Hemsley & E.H. Wilson. Elle est assez proche de Rosa caudata et les deux espèces ont souvent été confondues dans la littérature. En fait, deux botanistes ont décrits des rosiers sous ce nom. Boulenger en 1936 (nom invalide) alors que Baker avait déjà décrit Rosa caudata en 1914 (espèce valide).

Boulenger a basé ses observations sur un spécimen cultivé à Kew Gardens (n°189). Baker s’est basé sur des plants cultivés dans le fameux jardin de roses de Ellen Willmott à Warley, issus du sud-ouest de la Chine et collectés lors de la 3° expédition de Wilson. Mais sa brève description ne s’accorde pas tout à fait avec les spécimens d’herbier existants et Boulenger en a probablement déduit que le type original n’avait pas été préservé. Il existe néanmoins des  spécimens d’herbier à Kew issus de Warley et datés de 1912 et annotés « Rosa caudata » par Baker.

Quand il a étudié Rosa caudata en février 1936, Boulenger s’est penché sur tous les spécimens de Kew  portant ce nom, au total six échantillons, incluant les trois de Warley dont le premier a été redéterminé comme étant Rosa setipoda. Le second échantillon ne porte pas de numéro de collecte de Wilson et Boulenger l’identifie comme étant Rosa hemsleyana. C’est le seul échantillon noté « n. sp. » (= nouvelle espèce). Cet échantillon est donc désigné comme étant le lectotype* de Rosa caudata, à l’époque synonyme de R.hemsleyana. Le troisième spécimen n’est pas mentionné par Boulenger, en tout cas pas sous le nom de R.caudata. C’est le numéro 204 de Wilson et, d’après une annotation de Rolfe, il s’agirait de R.banksiopsis (également une espèce du même groupe). En plus du numéro 306 de Wilson, Boulenger étudia également le numéro 4418, identifié sous le nom de R.webbiana ainsi qu’un échantillon mal préservé de Purdom (965) collecté dans le Shaanxi en Chine qu’il rapprocha de R.setipoda.

La question qui se pose alors est de savoir à quelle espèce correspond le Rosa caudata décrit par Boulenger. L’échantillon ayant servit à sa description n’a pas d’origine connue et correspondrait en fait à une forme non typique de Rosa setipoda (illustrée dans le Curtis’s Botanical Magazine en 1981). La planche botanique parue dans la même revue en 1914 sous le nom de Rosa setipoda correspondrait en réalité à R.caudata.

Pourtant, j’ai personnellement encore des doutes puisque, un des critères pour les différencier, est la forme des sépales : entiers chez R.caudata et découpés chez R.setipoda. Or, c’est tout à fait le contraire sur les planches du Curtis’s.....

Depuis, les choses ont évoluées et si Rosa caudata est toujours une espèce bien valide, Rosa hemsleyana est maintenant mis en synonymie de Rosa setipoda (et non plus de R.caudata).

 

Quoiqu’il en soit, et si nous pouvons encore avoir des doutes sur les anciennes planches botaniques, Rosa setipoda est un arbuste de 1.5 à 2.5 m de haut environ en culture, originaire des provinces du Sichuan et Hubei, où il pousse dans les fourrés et sur les pentes, entre 1800 et 2600 m. d’altitude.

 

C’est un rosier intéressant au jardin à plus d’un titre. Il reste de taille modeste par rapport à beaucoup d’autres et ses jeunes tiges portent de larges épines rouges très décoratives, un peu comme le Rosa sericea f.pteracantha. Au mois de mai, il se couvre d’une multitude de fleurs simples, rose clair, très décoratives sur ses rameaux arqués. En automne, il fait partie des espèces décoratives au moment de la fructification. Ses fruits allongés sont en effet orange avant de virer au rouge foncé. Ceci est particulièrement décoratif lorsque ceux-ci sont recouverts par les premières neiges de l’hiver.

 

Sa culture ne pose pas de difficultés et il s’accommodera d’une situation ensoleillée ou à ombre légère dans toute bonne terre de jardin ni trop sèche ni trop humide. Il ne craint pas les hivers rigoureux.

 

* : Le lectotype est le spécimen qui devient le type nomenclatural en absence d'holotype (le type original, explicitement désigné par l'auteur du nom dans la publication originale) lors de la publication d'origine.

 

Rosa-setipoda.jpg

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 22:51

Le genre Isodon comprend des plantes vivaces de la famille des labiées, fleurissant en automne. Il y a peu, ces plantes étaient encore relativement méconnues des jardins mais depuis, certaines espèces ont fait leur entrée chez les pépiniéristes. Toutes ne sont pas extraordinaires mais I.longitubus a de grandes fleurs apparaissant sur ses longues branches arquées, I.kameba a un feuillage très original et I.japonica est une très grande plante. L’intérêt de ces vivaces réside principalement dans leur floraison tardive (octobre). Il y a une autre espèce, originaire de Corée, de Chine et de Russie, qui reste peu connue, il s’agit de Isodon serra. Cette plante, en fleurs tout l’automne, produit des fleurs assez petites mais dans une telle profusion que le spectacle ne peut passer inaperçu. Ceci est également renforcé par la taille des inflorescences, car la plante atteint facilement les 2.5m de haut à la floraison.

Avec une telle taille, il faut bien sûr lui prévoir un tuteurage car, surtout par temps de pluie, les tiges ont tendance à se coucher. L’autre solution, celle que j’ai personnellement choisie, est de les planter au pied d’un petit arbre ou grand arbuste qui sert de « tuteur » naturel. C’est ainsi qu’en cette saison, j’ai un érable et un Lindera qui ont l’air d’être couverts de fleurs.

 

Isodon serra a d’abord été décrit dans le genre Plectranthus sous le nom de Plectranthus serra par Maximowicz en 1875. Ce n’est qu’en 1929 que Kudo transfère la plante dans le genre Isodon. Encore plus récemment, en 1972, Hara passe la plante dans le genre Rabdosia. Nemoto la classa même dans le genre Amethystanthus. Ce tour de passe-passe est courant dans les Plectranthus de l’est de l’Asie et on ne sait jamais bien à quel genre les attribuer. En tout cas, le genre retenu dans les flores asiatiques pour l’espèce qui nous intéresse ici est Isodon.

 

La culture de cette espèce ne pose pas de problème. Un emplacement à mi-ombre ou au soleil non brulant dans toute bonne terre de jardin, pas trop sèche, fera très bien l’affaire.

La plante disparaît en hiver et les nouvelles tiges ressortent au printemps suivant.

 

C’est une espèce très utilisée dans la médecine chinoise et de nombreuses études sont réalisées sur cette plante.

 

Isodon serra est une herbacée vivace à tiges érigées de 1.5 à 2.5 m de haut. Ses feuilles sont ovales à ovales-lancéolées, de 3.5/10 cm de long et 1.5/4.5 cm de large. Ses panicules sont lâches, terminales, composées de cymes pédonculées. La corolle est pourpre, jusqu’à 6 mm, en septembre-octobre.

 

origine : Corée, Russie (Oussouri), Chine (Anhui, Gansu, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Heilongjiang, Henan, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Jilin, Liaoning, Shaanxi, Shanxi, Sichuan, Zhejiang), Taiwan (d’après Flora of China car la plante ne figure pas dans Flora of Taiwan), sur les collines, au bord des rivières, dans les fourrés et les forêts, dans les lieux sableux, à 100/1200 m.

 

Isodon-serra-3.jpg

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 22:31

Le nombre d’espèces de clématites est impressionnant et l’Asie en recèle une bonne majorité. Si on peut en observer un grand nombre en fleurs au printemps, un nombre non négligeable d’espèces fleurissent en automne et même en hiver.

 

C’est le cas de celle qui nous intéresse ici. Lors d’un voyage dans l’ouest du Sichuan en septembre 2005, nous avons séjourné dans la région de Kangding, petite ville située au pied des montagnes. Un petit téléphérique permet d’atteindre un temple au sommet de la montagne Paoma. N’étant pas très haute, il est plaisant de redescendre à pied, le long du sentier tortueux, le long de la végétation. C’est près du sommet, dans une végétation arbustive et arborée que nous avons vu cette clématite en pleine floraison. La plante était couverte de petites clochettes pendantes et jaune pâle. Il était intéressant d’y noter leur parfum car nombre de clones en culture dans nos jardins non pas ce caractère.

L’espèce a d’ailleurs découverte dans ce lieu, en 1898 par le missionnaire français Aubert qui était basé à Kangding (Tatsienlu à l’époque) et qui en envoya des graines au Museum d’Histoire Naturelle de Paris. Des plants florifères furent obtenus dans l’année et son potentiel ornemental fut rapidement remarqué. En 1900, Bois décrit et illustre la plante sous le nom de Clematis buchananiana var.vitifolia, une variété qui avait été décrite de l’Himalaya. Cinq ans plus tard, L. Henry publie un article dans la revue horticole sous ce même nom. En 1904, cette clématite est introduite en Angleterre depuis la France par Bean à Kew Gardens. Bean n’est pas d’accord avec le nom qui lui a été donné et la nomme Clematis nutans, une autre espèce déjà connue de l’Himalaya. C’est sous ce nom qu’il publia une note dans le Kew Bulletin de 1910. Durant la même période, la plante est réintroduite par Wilson de la même localité chinoise et, en 1913, Rehder & Wilson la décrive comme une variété de Clematis nutansC.nutans var.thyrsoidea. Mais seulement un an plus tard, Craib, qui n’était pas de cet avis, publie une nouvelle espèce, Clematis rehderiana. Ouf ! vous avez suivi ?

Mais ce n’est pas tout. En publiant cette espèce, Craib en publie une seconde sous le nom de Clematis veitchiana. Cette espèce n’est aujourd’hui plus considérée comme valide mais synonyme de... Clematis rehderiana ! A l ‘époque déjà, Rehder & Wilson ont des doutes sur l’identité de cette C.veitchiana et estime qu’il ne s’agit que d’une forme extrême de C.nutans var.thyrsoidea (également synonyme aujourd’hui de C.rehderiana). Il faut dire que C.rehderiana est une plante variable dans la forme de ses folioles, dans la taille de ses bractées et dans la pubescence de ses sépales.

Plus récemment, en 1963, Kuan & Wang ont collecté de nombreuses variantes dans la même région. En 2005, nous collections des graines dont les plantes issues sont cultivées dans notre jardin.

Il est intéressant de noter que les plantes du Sichuan ont des sépales glabres et que celles du Yunnan ont les sépales pubescents. Les variations morphologiques de cette clématite expliquent pourquoi on trouve cette plante sous plusieurs noms dans la littérature.

Le 15 septembre 1936, Mr. E. Markham l’exposa à la Royal Horticultural Society et obtenu un mérite.

Dans la nature, on la retrouve dans les fourrés, au bord des rivières et dans les haies, entre 2200 et 3200 m d’altitude, dans l’ouest du Sichuan, le sud du Qinghai, l’est du Tibet et le nord-ouest du Yunnan où j’avais déjà eu l’occasion de l’observer au nord de Lijiang en 1999.

 

Dans le jardin, elle se montre tout à fait résistante aux hivers rigoureux. Elle apprécie un emplacement au soleil ou à mi-ombre, à l’abri des vents violents. Comme toutes les clématites, elle craint les sols trop humides et mal drainés en hiver. Assez vigoureuse, il faudra lui prévoir un support de 3 à 4 m minimum sachant qu’elle peut dépasser les 5 m si on ne la taille pas. Elle ne craint pas un sol raisonnablement calcaire. Elle mettra un ou deux ans pour s’installer mais une fois partie, elle fleurit généreusement chaque année.

 

La photo montre la plante dans son habitat dans l'ouest du Sichuan, en fin de floraison. En pleine floraison, les fleurs sont plus jaune pâle.

 

Clematis-rehderiana-5.jpg

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 19:22

Parmi, les plantes chinoises, il y a les très communes dans nos jardins, les très rares non encore introduites et puis, étrangement, il y a celles introduites depuis longtemps, possédant des qualités ornementales indéniables, et qui restent pourtant largement méconnues. Le Poliothyrsis sinensis en fait partie. Et quelle injustice !

 

Imaginez un petit arbre pouvant trouver sa place même dans les petits jardins, tout à fait rustique, dont les jeunes feuilles sont d’abord rouges, dont la floraison en grandes panicules blanches et parfumées sont décoratives et, enfin, dont le feuillage se pare de belles couleurs en automne....

Le Poliothyrsis est tout ça à la fois.

 

Il est originaire de Chine dans les provinces de Anhui, Fujian, S.Gansu, Guangdong, Guizhou, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, S.Shaanxi, Sichuan, NE.Yunnan et Zhejiang, on le trouve dans les forêts mixtes, sur les pentes ou au pied des montagnes, entre 400 et 1500 m.

 

Le genre Poliothyrsis a été décrit par Oliver dans « Hooker’s Icon. Pl. 19: t. 1885 » en 1889. Il y décrit aussi la première espèce du genre, classée dans la famille des Flacourtiacées. La plante est alors connue de la province de Hupeh (Hubei) dans les districts de Hsingshan, Changyang et Fang ainsi que la province du Szechwan (Sichuan) dans le district de Wushan.

Oliver situe ce nouveau genre comme très proche de Idesia et n’écarte pas l’idée que  Poliothyrsis y soit un jour inclus. Le genre contient deux autres espèces originaires des Célèbes.

 

Dans les années 1960, C.Jeffrey écrit : « la famille des Flacourtiaceae contient peu d’espèces poussant dans les régions tempérées et sont par conséquent très peu connues des jardiniers dans nos pays. »

L’espèce a été décrite à partir de matériel envoyé par Augustine Henry à Kew Gardens sur des échantillons prélevés dans les provinces du Sichuan et de l’Hubei.

Poliothyrsis sinensis a été introduit en culture en 1908, quand des graines collectées par E.H. Wilson furent distribuées depuis l’Arnold Arboretum. Une planche botanique publiée dans le Curtis’s Botanical Magazine dans les années 1960 a été réalisée à partir d’un sujet issu de cette première introduction. La plante a été présentée le 30 août 1960 à la Royal Horticultural Society et a obtenue un mérite.

 

Rustique, sa culture ne pose aucun problème. Il s’accommode du soleil comme de la mi-ombre et une terre de jardin ordinaire lui convient. Sa croissance est rapide. J’ai semé cet arbre dont les graines ont germées sans difficulté et, 5 ans plus tard, les plants font déjà 4 m de haut et fleurissent. Il est particulièrement intéressant lors de sa floraison estivale qui distille un agréable parfum au jardin.

 

En 1994, S.S. Lai décrit une forme, f.subglabra. (Bull. Bot. Res., Harbin 14: 228, 1994). Mais cette description n’est pas valide car 3 spécimens sont cités comme types (S.S. Lai 7001, H.L. Zhang & Y.R. Zeng 27133, et S.S. Lai 062)

Poliothyrsis-sinensis-4.jpg

 

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 22:31

La famille des Calycanthacées est constituée de quelques espèces d’arbustes ou arbres comprenant les genres Calycanthus (Amérique du nord, 2 espèces), Chimonanthus (E.Asie, 4 espèces) et Idiospermum (arbre australien, 1 espèce).

Un autre genre, de Chine, a été décrit, le Sinocalycanthus. Il ne comprend qu’une seule espèce. Les avis divergent sur le maintient de ce genre ou son incorporation au sein du genre Calycanthus.

Actuellement, le nom de Sinocalycanthus semble reconnu (Kubitzki, Kew Garden) malgré que celui-ci ai été republié en 2000 sous le nom de Calycanthus.

Si l’on garde le nom de Sinocalycanthus, ce genre ne contient qu’une espèce : Sinocalycanthus chinensis Cheng & S.Y. Chang décrit dans Acta Phytotax. Sin. 9(2):135, fig. 9  (1964)

La plante a été publiée une première fois sous le nom de Calycanthus chinensis Cheng & S.Y.  Chang dans Sci. Silv. Sin. 8(1):2 (1963), mais cette description est non valide car il y aurait deux types. L’année suivante, en 1964, le taxon est repris sous le nom de Sinocalycanthus chinensis. C’est sous ce nom que nous trouvons aujourd’hui cette plante dans les jardins.

En 2000 pourtant, dans le Journ. South China Agr. Univ. 21(4):60 (2000), la plante repasse sous Calycanthus chinensis (Cheng & S.Y. Chang) P.T. Li.

 

Le Sinocalycanthus est un arbuste de 1 à 3 m de haut tout à fait original et ornemental pour la culture au jardin. Il a une croissance rapide et se montre tout à fait rustique en plaine. Chaque printemps, il déploie des grandes feuilles largement ovales suivies de superbes fleurs blanc et jaune très originales et décoratives. Il fleurit bien tous les ans et fructifie abondamment, donnant des graines viables.

C’est une plante idéale pour le jardin qui mérite d’être plus répandue.

 

Description :

Arbuste caduc de 1 à 3 m de haut ; écorce glauque ou marron-grisâtre avec des lenticelles convexes ; rameaux opposés, glabres ou pubérulents quand ils sont jeunes. Pétioles de 12/18 mm de long, jaunâtres, hispides puis glabres. Feuilles papyracées, largement ovales-elliptiques, ovales ou obovales, de 11/27 cm de long et 8/16 cm de large, aigues, bords entiers ou irrégulièrement serrulés, glabres dessus, hispides puis glabres dessous. Fleurs solitaires, terminales, de 4.5/7 cm de diamètre; pédicelles de 2/4.5 cm de long ; 5/7 bractées caduques. Tépales disposés en spirale sur un réceptacle en coupe ou urcéolé. 12/14 tépales externes, obovales, de 14/36 mm de long et 12/26 mm de large, blancs, pourpre clair sur les bords ; tépales internes érigés, elliptiques, avec l’apex incurvé, de 11/17 mm de long et 9/13 mm de large, jaune pâle. 18/20 étamines, de 7/8 mm de long, filaments de 1 mm de long environ, pubérulents ; anthères linéaires et pubescentes ; style filiforme. Fruits campanulés et rétrécis à l’apex, de 3/4.5 cm de long et 1.5/3 cm de large, pubescents, contenant 6 à 16 graines ellipsoïdes, de 10/15 mm de long et 5/8 mm de large, avec des poils soyeux. Fleurs en mai, fruits en octobre.

 

Distribution :

Chine : endémique de la province de Zhejiang.

 

Cet arbuste est noté comme Vulnérable dans le « China Red Data Book ». En effet sa distribution est très limitée et son habitat régresse.

Il a été découvert au début des années 60. Il pousse dans des forêts sempervirentes ou mixtes dans 3 localités seulement. Son habitat décline du fait de la destruction de la végétation. Cette espèce régresse également car il est coupé pour faire du bois de feu.

 

Arbuste endémique de la province du Zhejiang où il a été découvert entre Chayuanyuan à Longmenkeng à Shunxiwu dans l’Ouest de la région de Lin’an et sur la montagne Dalei à l’Est de la région de Tiantai. Il a été ensuite découvert à Kuliwan, sur la montagne de Daming et Qianmutian également dans l’Ouest de la région de Tiantai.

 

On le rencontre parmi les arbustes sur les pentes et dans les forêts sempervirentes ou mixtes dans les vallées dominées par Castanopsis eyrei, Schima superba et Cyclocarya paliurus entre 600 et 1100 m d’altitude.

La région d’origine subit un climat frais et humide avec une température annuelle moyenne de 12°C (moyenne de 2.7°C en janvier, minimum -13°C et maximum +35°C). Les précipitations annuelles sont de 1400/1600 mm environ, l’hygrométrie ne descend pas en-dessous de 80%, et il y a en moyenne 215 jours / an sans gelées. Le sol est profond et de pH 4.7 à 5.1.

 

Le Sinocalycanthus préfère pousser sous une ombre légère et n’aime pas le plein soleil. Il est noté comme n’aimant pas les sols trop secs mais mes plants ont bien résistés lors des derniers étés. Sans doute parce qu’ils sont bien implantés dans un sol riche et profond.

L’arbuste ne fait l’objet d’aucune mesure de protection en Chine mais des demandes ont été formulées au gouvernement local de Lin’an et Tiantai d’établir des zones de protection à Shunxiwu et sur les montagnes Dalei et Daming.

 

La multiplication se fait aisément par semis. Semer en automne pour une germination au printemps suivant. Le taux de germination est supérieur à 80% et le taux de plantes passant le cap de la germination est supérieur à 60%. Une plante germée atteint 10 à 20 cm la première année. La pousse annuelle est ensuite de 30 à 50 cm environ. La multiplication par bouture est également envisageable mais je ne l’ai encore jamais pratiquée sur ce taxon.

 

Calycanthus-chinensis-1.jpg

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 17:32

Lorsque nous faisons visiter notre jardin, je trouve toujours amusant de s’arrêter sur des plantes qui ne ressemblent pas au genre auquel elles appartiennent. Il y a l’érable à feuilles de catalpa, celui à feuilles de cannelier, le Schizophragma à feuilles de noisetier, le cyclamen à feuilles de lierre, le Tetradium à feuilles de frêne et l’érable à feuilles de charme.

 

Quand il ne porte pas ses fruits, c’est la confusion assurée. A la question « pouvez-vous me donner un nom de genre pour ce petit arbre ? », les réponses sont un charme, un Prunus ou même un chêne. Cet érable a donc bien été nommé puisque son nom signifie « à feuilles de charme ». Il rappelle d’ailleurs le feuillage du charme du Japon. Il y a un bon moyen de le distinguer d’un Carpinus : il a les feuilles opposées (alternes chez le charme).

Celles-ci sont simples, dentées, oblongues-oblancéolées et pointues. Elles prennent de belles teintes jaunes à l’automne.

 

Acer carpinifolium a été décrit par Siebold & Zuccarini en 1845. Il est endémique du Japon où il pousse dans les forêts caduques et tempérées des montagnes sur les îles de Honshu, Shikoku et Kyushu, jusqu’à l’étage subalpin. On le trouve souvent en compagnie de Fraxinus spaethiana et Pterocarya rhoifolia. Nous avons pu en observer en 2010 dans la région de Nikko dans le centre de Honshu, le long d’une rivière en forêt. Dans son habitat, il peut atteindre 8 à 10 m de haut environ mais il restera un petit arbre dans nos jardins. On peut voir deux beaux sujets âgés au jardin botanique de Lyon qui mesurent environ 5 m de haut et de large. Il y en a également un beau sujet au parc floral de Vincennes. Il est rustique jusqu’en zone 3. Il a été introduit en culture en 1879 aux pépinières Veitch par Charles Maries.

Cet érable a un port très ramifié et arrondi. Il est adapté aux petits jardins et sa croissance est assez lente. Dans son habitat, il pousse dans des terres acides à neutres, riches, fraiches et bien drainées, mais il se contente de terres plus lourdes et plus médiocres en culture.

Il est dioïque, il faut donc planter un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines viables. Mais pour l’utilisation strictement ornementale au jardin, un seul plant suffit. Il est vraiment intéressant car unique dans le genre Acer, peu encombrant et très résistant au froid.

 

On peut trouver dans le commerce une sélection des pépinières Esveld (1978) appelée ‘Esveld Select’ qui a des feuilles plus dentées et qui reste plus petit et compact. Il atteint environ 2 m en 20 ans.

 

Acer-carpinifolium.jpg

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