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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 20:50

 

 

La famille des Lauracées comprend un certain nombre des genres intéressants pour les jardins. Outre le fameux laurier-sauce utilisé en cuisine, on y trouve des arbustes ou arbres que l’on plantera pour l’ornement.

Un genre asiatique peu connu et comportant pourtant de très beaux spécimens, est le genre Machilus. Celui-ci a été rattaché au genre Persea -comprenant l’avocatier- en 1962 par Kostermans. La nouvelle flore de Chine conserve encore cependant les deux genres séparés. La raison principale, je pense, de la méconnaissance de ce genre dans nos jardins, est la faible rusticité réservant ces plantes aux jardins à climats doux. Un des plus rustiques est peut être le Persea thunbergii (Machilus thunbergii).

 

Si l’on considère le genre Machilus, on compte environ 100 espèces originaires des régions chaudes du sud et sud-est de l’Asie avec pas moins de 82 espèces en Chine. On en trouve également quelques-unes au Japon.

Ce sont des arbres ou arbustes arborant de beaux feuillages persistants. Les fleurs sont groupées en grandes inflorescences paniculées.

 

Persea ichangensis est un petit arbre pouvant tout de même dépasser les 10 mètres de haut dans son habitat. Il se caractérise par ses longues et étroites feuilles brillantes. Elles peuvent atteindre 25 cm de long et 2 à 6 cm de large. Au printemps, ses inflorescences apparaissent sur les rameaux de l’année précédente, sous forme de panicules de 5 à 18 cm de long, et portent des fleurs blanches de 5/6 mm. Elles donnent en été des fruits presque globuleux de 1 cm de diamètre. On distingue deux variétés :

la var.ichangensis, avec des jeunes feuilles plus ou moins poilues dessous et des inflorescences de 5/9 cm. Elle est originaire de Chine, dans les provinces du Gansu, Hubei, Shaanxi et Sichuan, sur les pentes des montagnes et dans les forêts, entre 600 et 1400 m.

la var.leiophylla, avec des feuilles glabres et des inflorescences de 11/18 cm. Elle pousse dans les provinces de Guangxi, Guizhou et Hunan, dans les forêts, entre 800 et 1000 m.

 

L’espèce a été décrite en 1916 et la variété leiophylla en 1921. Elle a été collectée pour la première fois par Henry et par Wilson dans l’ouest de la province de Hubei, en 1901. En 1916, J.S. Gamble qui travaillait sur les Lauracées collectées par Wilson, le confond avec Machilus thunbergii, une espèce japonaise. Cette erreur est vite corrigée par Rehder & Wilson qui décrivent alors Machilus ichangensis. Ichang (Yichang) est une localité située dans le Hubei.

 

La plante n’est pas très résistante au froid, et on la plantera en extérieur uniquement dans les régions clémentes. Deux beaux spécimens sont signalés à Wakehurst Place dans le Sussex dans les années 1980, poussant en extérieur sans protection, en situation ombragée sur sol acide. Ils sont notés comme fructifiant bien. Je ne sais pas s’ils existent toujours. La photo montre un beau sujet dans l’arboretum de Batsford, au sud de Birmingham.

On le cultivera en situation protégée des vents forts, légèrement ombragée, sur sol riche, plutôt acide et bien drainant. Sa multiplication se fait facilement par semis. On peut également le bouturer mais le taux de reprise est faible.

 

photos : Maxime et Aurélie Van de Sande.

 

 

Persea-ichangensis.jpg

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 23:03

Le genre Rosa -les rosiers- forme un vaste genre qui comprendrait environ 200 espèces dans le monde. Taxonomiquement complexe, ce chiffre peut être très variable d’une publication à une autre. Si l’on considère le chiffre de 200, presque la moitié est présente dans la flore de Chine ! (95 espèces).

Et il n’est pas simple de s’y retrouver. Parmi tous ces rosiers, certains ont un intérêt non négligeable pour nos jardins. S’il est vrai que les rosiers botaniques ne sont pas remontants, ils ont une importance dans la décoration du jardin à l’automne par leurs fructifications généreuses et colorées.

 

Je présenterai quelques espèces dans cette série. Je commence par Rosa setipoda, un rosier à fleurs roses. Mais accrochez-vous, ce qui suit n’est pas simple et démontre toute la difficulté d’identification des rosiers sauvages !

 

Lors d’une expédition en juin 2004 qui nous fit traverser les provinces chinoises du Gansu et du Sichuan, nous avons visité la région frontalière entre les deux provinces. La ville principale est Songpan. Elle sert de départ pour deux sites très touristiques que sont les terrasses calcaires de Huanglong et Jiuzhaigou. Deux magnifiques lieux à visiter malgré l’affût de touristes. Mais autour de Songpan, on trouve également de petits hameaux tibétains très calmes et pleins de charme, à l’image de Sanlian où nous séjournerons quelques jours. C’est dans cette région que nous collecterons quelques graines de l’année précédente sur un rosier qui n’était pas en fleurs.

Comme cela arrive (trop) souvent, une seule graine a germé. Le plant repiqué et élevé en conteneur a été mis en pleine terre il y a 4 ans où il a commencé à fleurir. Une seule fleur, ce n’était pas suffisant pour faire une détermination sérieuse. L’année suivante, j’ai eu assez de fleurs pour me pencher dessus et déterminer l’espèce.

 

Rosa setipoda n’est pas une espèce très rare. Elle a été décrite en 1906 par Hemsley & E.H. Wilson. Elle est assez proche de Rosa caudata et les deux espèces ont souvent été confondues dans la littérature. En fait, deux botanistes ont décrits des rosiers sous ce nom. Boulenger en 1936 (nom invalide) alors que Baker avait déjà décrit Rosa caudata en 1914 (espèce valide).

Boulenger a basé ses observations sur un spécimen cultivé à Kew Gardens (n°189). Baker s’est basé sur des plants cultivés dans le fameux jardin de roses de Ellen Willmott à Warley, issus du sud-ouest de la Chine et collectés lors de la 3° expédition de Wilson. Mais sa brève description ne s’accorde pas tout à fait avec les spécimens d’herbier existants et Boulenger en a probablement déduit que le type original n’avait pas été préservé. Il existe néanmoins des  spécimens d’herbier à Kew issus de Warley et datés de 1912 et annotés « Rosa caudata » par Baker.

Quand il a étudié Rosa caudata en février 1936, Boulenger s’est penché sur tous les spécimens de Kew  portant ce nom, au total six échantillons, incluant les trois de Warley dont le premier a été redéterminé comme étant Rosa setipoda. Le second échantillon ne porte pas de numéro de collecte de Wilson et Boulenger l’identifie comme étant Rosa hemsleyana. C’est le seul échantillon noté « n. sp. » (= nouvelle espèce). Cet échantillon est donc désigné comme étant le lectotype* de Rosa caudata, à l’époque synonyme de R.hemsleyana. Le troisième spécimen n’est pas mentionné par Boulenger, en tout cas pas sous le nom de R.caudata. C’est le numéro 204 de Wilson et, d’après une annotation de Rolfe, il s’agirait de R.banksiopsis (également une espèce du même groupe). En plus du numéro 306 de Wilson, Boulenger étudia également le numéro 4418, identifié sous le nom de R.webbiana ainsi qu’un échantillon mal préservé de Purdom (965) collecté dans le Shaanxi en Chine qu’il rapprocha de R.setipoda.

La question qui se pose alors est de savoir à quelle espèce correspond le Rosa caudata décrit par Boulenger. L’échantillon ayant servit à sa description n’a pas d’origine connue et correspondrait en fait à une forme non typique de Rosa setipoda (illustrée dans le Curtis’s Botanical Magazine en 1981). La planche botanique parue dans la même revue en 1914 sous le nom de Rosa setipoda correspondrait en réalité à R.caudata.

Pourtant, j’ai personnellement encore des doutes puisque, un des critères pour les différencier, est la forme des sépales : entiers chez R.caudata et découpés chez R.setipoda. Or, c’est tout à fait le contraire sur les planches du Curtis’s.....

Depuis, les choses ont évoluées et si Rosa caudata est toujours une espèce bien valide, Rosa hemsleyana est maintenant mis en synonymie de Rosa setipoda (et non plus de R.caudata).

 

Quoiqu’il en soit, et si nous pouvons encore avoir des doutes sur les anciennes planches botaniques, Rosa setipoda est un arbuste de 1.5 à 2.5 m de haut environ en culture, originaire des provinces du Sichuan et Hubei, où il pousse dans les fourrés et sur les pentes, entre 1800 et 2600 m. d’altitude.

 

C’est un rosier intéressant au jardin à plus d’un titre. Il reste de taille modeste par rapport à beaucoup d’autres et ses jeunes tiges portent de larges épines rouges très décoratives, un peu comme le Rosa sericea f.pteracantha. Au mois de mai, il se couvre d’une multitude de fleurs simples, rose clair, très décoratives sur ses rameaux arqués. En automne, il fait partie des espèces décoratives au moment de la fructification. Ses fruits allongés sont en effet orange avant de virer au rouge foncé. Ceci est particulièrement décoratif lorsque ceux-ci sont recouverts par les premières neiges de l’hiver.

 

Sa culture ne pose pas de difficultés et il s’accommodera d’une situation ensoleillée ou à ombre légère dans toute bonne terre de jardin ni trop sèche ni trop humide. Il ne craint pas les hivers rigoureux.

 

* : Le lectotype est le spécimen qui devient le type nomenclatural en absence d'holotype (le type original, explicitement désigné par l'auteur du nom dans la publication originale) lors de la publication d'origine.

 

Rosa-setipoda.jpg

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 22:51

Le genre Isodon comprend des plantes vivaces de la famille des labiées, fleurissant en automne. Il y a peu, ces plantes étaient encore relativement méconnues des jardins mais depuis, certaines espèces ont fait leur entrée chez les pépiniéristes. Toutes ne sont pas extraordinaires mais I.longitubus a de grandes fleurs apparaissant sur ses longues branches arquées, I.kameba a un feuillage très original et I.japonica est une très grande plante. L’intérêt de ces vivaces réside principalement dans leur floraison tardive (octobre). Il y a une autre espèce, originaire de Corée, de Chine et de Russie, qui reste peu connue, il s’agit de Isodon serra. Cette plante, en fleurs tout l’automne, produit des fleurs assez petites mais dans une telle profusion que le spectacle ne peut passer inaperçu. Ceci est également renforcé par la taille des inflorescences, car la plante atteint facilement les 2.5m de haut à la floraison.

Avec une telle taille, il faut bien sûr lui prévoir un tuteurage car, surtout par temps de pluie, les tiges ont tendance à se coucher. L’autre solution, celle que j’ai personnellement choisie, est de les planter au pied d’un petit arbre ou grand arbuste qui sert de « tuteur » naturel. C’est ainsi qu’en cette saison, j’ai un érable et un Lindera qui ont l’air d’être couverts de fleurs.

 

Isodon serra a d’abord été décrit dans le genre Plectranthus sous le nom de Plectranthus serra par Maximowicz en 1875. Ce n’est qu’en 1929 que Kudo transfère la plante dans le genre Isodon. Encore plus récemment, en 1972, Hara passe la plante dans le genre Rabdosia. Nemoto la classa même dans le genre Amethystanthus. Ce tour de passe-passe est courant dans les Plectranthus de l’est de l’Asie et on ne sait jamais bien à quel genre les attribuer. En tout cas, le genre retenu dans les flores asiatiques pour l’espèce qui nous intéresse ici est Isodon.

 

La culture de cette espèce ne pose pas de problème. Un emplacement à mi-ombre ou au soleil non brulant dans toute bonne terre de jardin, pas trop sèche, fera très bien l’affaire.

La plante disparaît en hiver et les nouvelles tiges ressortent au printemps suivant.

 

C’est une espèce très utilisée dans la médecine chinoise et de nombreuses études sont réalisées sur cette plante.

 

Isodon serra est une herbacée vivace à tiges érigées de 1.5 à 2.5 m de haut. Ses feuilles sont ovales à ovales-lancéolées, de 3.5/10 cm de long et 1.5/4.5 cm de large. Ses panicules sont lâches, terminales, composées de cymes pédonculées. La corolle est pourpre, jusqu’à 6 mm, en septembre-octobre.

 

origine : Corée, Russie (Oussouri), Chine (Anhui, Gansu, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Heilongjiang, Henan, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Jilin, Liaoning, Shaanxi, Shanxi, Sichuan, Zhejiang), Taiwan (d’après Flora of China car la plante ne figure pas dans Flora of Taiwan), sur les collines, au bord des rivières, dans les fourrés et les forêts, dans les lieux sableux, à 100/1200 m.

 

Isodon-serra-3.jpg

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 22:31

Le nombre d’espèces de clématites est impressionnant et l’Asie en recèle une bonne majorité. Si on peut en observer un grand nombre en fleurs au printemps, un nombre non négligeable d’espèces fleurissent en automne et même en hiver.

 

C’est le cas de celle qui nous intéresse ici. Lors d’un voyage dans l’ouest du Sichuan en septembre 2005, nous avons séjourné dans la région de Kangding, petite ville située au pied des montagnes. Un petit téléphérique permet d’atteindre un temple au sommet de la montagne Paoma. N’étant pas très haute, il est plaisant de redescendre à pied, le long du sentier tortueux, le long de la végétation. C’est près du sommet, dans une végétation arbustive et arborée que nous avons vu cette clématite en pleine floraison. La plante était couverte de petites clochettes pendantes et jaune pâle. Il était intéressant d’y noter leur parfum car nombre de clones en culture dans nos jardins non pas ce caractère.

L’espèce a d’ailleurs découverte dans ce lieu, en 1898 par le missionnaire français Aubert qui était basé à Kangding (Tatsienlu à l’époque) et qui en envoya des graines au Museum d’Histoire Naturelle de Paris. Des plants florifères furent obtenus dans l’année et son potentiel ornemental fut rapidement remarqué. En 1900, Bois décrit et illustre la plante sous le nom de Clematis buchananiana var.vitifolia, une variété qui avait été décrite de l’Himalaya. Cinq ans plus tard, L. Henry publie un article dans la revue horticole sous ce même nom. En 1904, cette clématite est introduite en Angleterre depuis la France par Bean à Kew Gardens. Bean n’est pas d’accord avec le nom qui lui a été donné et la nomme Clematis nutans, une autre espèce déjà connue de l’Himalaya. C’est sous ce nom qu’il publia une note dans le Kew Bulletin de 1910. Durant la même période, la plante est réintroduite par Wilson de la même localité chinoise et, en 1913, Rehder & Wilson la décrive comme une variété de Clematis nutansC.nutans var.thyrsoidea. Mais seulement un an plus tard, Craib, qui n’était pas de cet avis, publie une nouvelle espèce, Clematis rehderiana. Ouf ! vous avez suivi ?

Mais ce n’est pas tout. En publiant cette espèce, Craib en publie une seconde sous le nom de Clematis veitchiana. Cette espèce n’est aujourd’hui plus considérée comme valide mais synonyme de... Clematis rehderiana ! A l ‘époque déjà, Rehder & Wilson ont des doutes sur l’identité de cette C.veitchiana et estime qu’il ne s’agit que d’une forme extrême de C.nutans var.thyrsoidea (également synonyme aujourd’hui de C.rehderiana). Il faut dire que C.rehderiana est une plante variable dans la forme de ses folioles, dans la taille de ses bractées et dans la pubescence de ses sépales.

Plus récemment, en 1963, Kuan & Wang ont collecté de nombreuses variantes dans la même région. En 2005, nous collections des graines dont les plantes issues sont cultivées dans notre jardin.

Il est intéressant de noter que les plantes du Sichuan ont des sépales glabres et que celles du Yunnan ont les sépales pubescents. Les variations morphologiques de cette clématite expliquent pourquoi on trouve cette plante sous plusieurs noms dans la littérature.

Le 15 septembre 1936, Mr. E. Markham l’exposa à la Royal Horticultural Society et obtenu un mérite.

Dans la nature, on la retrouve dans les fourrés, au bord des rivières et dans les haies, entre 2200 et 3200 m d’altitude, dans l’ouest du Sichuan, le sud du Qinghai, l’est du Tibet et le nord-ouest du Yunnan où j’avais déjà eu l’occasion de l’observer au nord de Lijiang en 1999.

 

Dans le jardin, elle se montre tout à fait résistante aux hivers rigoureux. Elle apprécie un emplacement au soleil ou à mi-ombre, à l’abri des vents violents. Comme toutes les clématites, elle craint les sols trop humides et mal drainés en hiver. Assez vigoureuse, il faudra lui prévoir un support de 3 à 4 m minimum sachant qu’elle peut dépasser les 5 m si on ne la taille pas. Elle ne craint pas un sol raisonnablement calcaire. Elle mettra un ou deux ans pour s’installer mais une fois partie, elle fleurit généreusement chaque année.

 

La photo montre la plante dans son habitat dans l'ouest du Sichuan, en fin de floraison. En pleine floraison, les fleurs sont plus jaune pâle.

 

Clematis-rehderiana-5.jpg

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 19:22

Parmi, les plantes chinoises, il y a les très communes dans nos jardins, les très rares non encore introduites et puis, étrangement, il y a celles introduites depuis longtemps, possédant des qualités ornementales indéniables, et qui restent pourtant largement méconnues. Le Poliothyrsis sinensis en fait partie. Et quelle injustice !

 

Imaginez un petit arbre pouvant trouver sa place même dans les petits jardins, tout à fait rustique, dont les jeunes feuilles sont d’abord rouges, dont la floraison en grandes panicules blanches et parfumées sont décoratives et, enfin, dont le feuillage se pare de belles couleurs en automne....

Le Poliothyrsis est tout ça à la fois.

 

Il est originaire de Chine dans les provinces de Anhui, Fujian, S.Gansu, Guangdong, Guizhou, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, S.Shaanxi, Sichuan, NE.Yunnan et Zhejiang, on le trouve dans les forêts mixtes, sur les pentes ou au pied des montagnes, entre 400 et 1500 m.

 

Le genre Poliothyrsis a été décrit par Oliver dans « Hooker’s Icon. Pl. 19: t. 1885 » en 1889. Il y décrit aussi la première espèce du genre, classée dans la famille des Flacourtiacées. La plante est alors connue de la province de Hupeh (Hubei) dans les districts de Hsingshan, Changyang et Fang ainsi que la province du Szechwan (Sichuan) dans le district de Wushan.

Oliver situe ce nouveau genre comme très proche de Idesia et n’écarte pas l’idée que  Poliothyrsis y soit un jour inclus. Le genre contient deux autres espèces originaires des Célèbes.

 

Dans les années 1960, C.Jeffrey écrit : « la famille des Flacourtiaceae contient peu d’espèces poussant dans les régions tempérées et sont par conséquent très peu connues des jardiniers dans nos pays. »

L’espèce a été décrite à partir de matériel envoyé par Augustine Henry à Kew Gardens sur des échantillons prélevés dans les provinces du Sichuan et de l’Hubei.

Poliothyrsis sinensis a été introduit en culture en 1908, quand des graines collectées par E.H. Wilson furent distribuées depuis l’Arnold Arboretum. Une planche botanique publiée dans le Curtis’s Botanical Magazine dans les années 1960 a été réalisée à partir d’un sujet issu de cette première introduction. La plante a été présentée le 30 août 1960 à la Royal Horticultural Society et a obtenue un mérite.

 

Rustique, sa culture ne pose aucun problème. Il s’accommode du soleil comme de la mi-ombre et une terre de jardin ordinaire lui convient. Sa croissance est rapide. J’ai semé cet arbre dont les graines ont germées sans difficulté et, 5 ans plus tard, les plants font déjà 4 m de haut et fleurissent. Il est particulièrement intéressant lors de sa floraison estivale qui distille un agréable parfum au jardin.

 

En 1994, S.S. Lai décrit une forme, f.subglabra. (Bull. Bot. Res., Harbin 14: 228, 1994). Mais cette description n’est pas valide car 3 spécimens sont cités comme types (S.S. Lai 7001, H.L. Zhang & Y.R. Zeng 27133, et S.S. Lai 062)

Poliothyrsis-sinensis-4.jpg

 

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 22:31

La famille des Calycanthacées est constituée de quelques espèces d’arbustes ou arbres comprenant les genres Calycanthus (Amérique du nord, 2 espèces), Chimonanthus (E.Asie, 4 espèces) et Idiospermum (arbre australien, 1 espèce).

Un autre genre, de Chine, a été décrit, le Sinocalycanthus. Il ne comprend qu’une seule espèce. Les avis divergent sur le maintient de ce genre ou son incorporation au sein du genre Calycanthus.

Actuellement, le nom de Sinocalycanthus semble reconnu (Kubitzki, Kew Garden) malgré que celui-ci ai été republié en 2000 sous le nom de Calycanthus.

Si l’on garde le nom de Sinocalycanthus, ce genre ne contient qu’une espèce : Sinocalycanthus chinensis Cheng & S.Y. Chang décrit dans Acta Phytotax. Sin. 9(2):135, fig. 9  (1964)

La plante a été publiée une première fois sous le nom de Calycanthus chinensis Cheng & S.Y.  Chang dans Sci. Silv. Sin. 8(1):2 (1963), mais cette description est non valide car il y aurait deux types. L’année suivante, en 1964, le taxon est repris sous le nom de Sinocalycanthus chinensis. C’est sous ce nom que nous trouvons aujourd’hui cette plante dans les jardins.

En 2000 pourtant, dans le Journ. South China Agr. Univ. 21(4):60 (2000), la plante repasse sous Calycanthus chinensis (Cheng & S.Y. Chang) P.T. Li.

 

Le Sinocalycanthus est un arbuste de 1 à 3 m de haut tout à fait original et ornemental pour la culture au jardin. Il a une croissance rapide et se montre tout à fait rustique en plaine. Chaque printemps, il déploie des grandes feuilles largement ovales suivies de superbes fleurs blanc et jaune très originales et décoratives. Il fleurit bien tous les ans et fructifie abondamment, donnant des graines viables.

C’est une plante idéale pour le jardin qui mérite d’être plus répandue.

 

Description :

Arbuste caduc de 1 à 3 m de haut ; écorce glauque ou marron-grisâtre avec des lenticelles convexes ; rameaux opposés, glabres ou pubérulents quand ils sont jeunes. Pétioles de 12/18 mm de long, jaunâtres, hispides puis glabres. Feuilles papyracées, largement ovales-elliptiques, ovales ou obovales, de 11/27 cm de long et 8/16 cm de large, aigues, bords entiers ou irrégulièrement serrulés, glabres dessus, hispides puis glabres dessous. Fleurs solitaires, terminales, de 4.5/7 cm de diamètre; pédicelles de 2/4.5 cm de long ; 5/7 bractées caduques. Tépales disposés en spirale sur un réceptacle en coupe ou urcéolé. 12/14 tépales externes, obovales, de 14/36 mm de long et 12/26 mm de large, blancs, pourpre clair sur les bords ; tépales internes érigés, elliptiques, avec l’apex incurvé, de 11/17 mm de long et 9/13 mm de large, jaune pâle. 18/20 étamines, de 7/8 mm de long, filaments de 1 mm de long environ, pubérulents ; anthères linéaires et pubescentes ; style filiforme. Fruits campanulés et rétrécis à l’apex, de 3/4.5 cm de long et 1.5/3 cm de large, pubescents, contenant 6 à 16 graines ellipsoïdes, de 10/15 mm de long et 5/8 mm de large, avec des poils soyeux. Fleurs en mai, fruits en octobre.

 

Distribution :

Chine : endémique de la province de Zhejiang.

 

Cet arbuste est noté comme Vulnérable dans le « China Red Data Book ». En effet sa distribution est très limitée et son habitat régresse.

Il a été découvert au début des années 60. Il pousse dans des forêts sempervirentes ou mixtes dans 3 localités seulement. Son habitat décline du fait de la destruction de la végétation. Cette espèce régresse également car il est coupé pour faire du bois de feu.

 

Arbuste endémique de la province du Zhejiang où il a été découvert entre Chayuanyuan à Longmenkeng à Shunxiwu dans l’Ouest de la région de Lin’an et sur la montagne Dalei à l’Est de la région de Tiantai. Il a été ensuite découvert à Kuliwan, sur la montagne de Daming et Qianmutian également dans l’Ouest de la région de Tiantai.

 

On le rencontre parmi les arbustes sur les pentes et dans les forêts sempervirentes ou mixtes dans les vallées dominées par Castanopsis eyrei, Schima superba et Cyclocarya paliurus entre 600 et 1100 m d’altitude.

La région d’origine subit un climat frais et humide avec une température annuelle moyenne de 12°C (moyenne de 2.7°C en janvier, minimum -13°C et maximum +35°C). Les précipitations annuelles sont de 1400/1600 mm environ, l’hygrométrie ne descend pas en-dessous de 80%, et il y a en moyenne 215 jours / an sans gelées. Le sol est profond et de pH 4.7 à 5.1.

 

Le Sinocalycanthus préfère pousser sous une ombre légère et n’aime pas le plein soleil. Il est noté comme n’aimant pas les sols trop secs mais mes plants ont bien résistés lors des derniers étés. Sans doute parce qu’ils sont bien implantés dans un sol riche et profond.

L’arbuste ne fait l’objet d’aucune mesure de protection en Chine mais des demandes ont été formulées au gouvernement local de Lin’an et Tiantai d’établir des zones de protection à Shunxiwu et sur les montagnes Dalei et Daming.

 

La multiplication se fait aisément par semis. Semer en automne pour une germination au printemps suivant. Le taux de germination est supérieur à 80% et le taux de plantes passant le cap de la germination est supérieur à 60%. Une plante germée atteint 10 à 20 cm la première année. La pousse annuelle est ensuite de 30 à 50 cm environ. La multiplication par bouture est également envisageable mais je ne l’ai encore jamais pratiquée sur ce taxon.

 

Calycanthus-chinensis-1.jpg

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 17:32

Lorsque nous faisons visiter notre jardin, je trouve toujours amusant de s’arrêter sur des plantes qui ne ressemblent pas au genre auquel elles appartiennent. Il y a l’érable à feuilles de catalpa, celui à feuilles de cannelier, le Schizophragma à feuilles de noisetier, le cyclamen à feuilles de lierre, le Tetradium à feuilles de frêne et l’érable à feuilles de charme.

 

Quand il ne porte pas ses fruits, c’est la confusion assurée. A la question « pouvez-vous me donner un nom de genre pour ce petit arbre ? », les réponses sont un charme, un Prunus ou même un chêne. Cet érable a donc bien été nommé puisque son nom signifie « à feuilles de charme ». Il rappelle d’ailleurs le feuillage du charme du Japon. Il y a un bon moyen de le distinguer d’un Carpinus : il a les feuilles opposées (alternes chez le charme).

Celles-ci sont simples, dentées, oblongues-oblancéolées et pointues. Elles prennent de belles teintes jaunes à l’automne.

 

Acer carpinifolium a été décrit par Siebold & Zuccarini en 1845. Il est endémique du Japon où il pousse dans les forêts caduques et tempérées des montagnes sur les îles de Honshu, Shikoku et Kyushu, jusqu’à l’étage subalpin. On le trouve souvent en compagnie de Fraxinus spaethiana et Pterocarya rhoifolia. Nous avons pu en observer en 2010 dans la région de Nikko dans le centre de Honshu, le long d’une rivière en forêt. Dans son habitat, il peut atteindre 8 à 10 m de haut environ mais il restera un petit arbre dans nos jardins. On peut voir deux beaux sujets âgés au jardin botanique de Lyon qui mesurent environ 5 m de haut et de large. Il y en a également un beau sujet au parc floral de Vincennes. Il est rustique jusqu’en zone 3. Il a été introduit en culture en 1879 aux pépinières Veitch par Charles Maries.

Cet érable a un port très ramifié et arrondi. Il est adapté aux petits jardins et sa croissance est assez lente. Dans son habitat, il pousse dans des terres acides à neutres, riches, fraiches et bien drainées, mais il se contente de terres plus lourdes et plus médiocres en culture.

Il est dioïque, il faut donc planter un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines viables. Mais pour l’utilisation strictement ornementale au jardin, un seul plant suffit. Il est vraiment intéressant car unique dans le genre Acer, peu encombrant et très résistant au froid.

 

On peut trouver dans le commerce une sélection des pépinières Esveld (1978) appelée ‘Esveld Select’ qui a des feuilles plus dentées et qui reste plus petit et compact. Il atteint environ 2 m en 20 ans.

 

Acer-carpinifolium.jpg

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 21:05

Originaire du Japon, de Chine (Anhui, Gansu, Guangxi, Hebei, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Jilin, Qinghai, Shaanxi, Shandong, Shanxi, Sichuan et Zhejiang), du Tibet, de Mandchourie et de Corée, ce lys est également connu sous le nom de Lilium tigrinum Ker-Gawl. ou lys tigre.

Il est cultivé depuis des temps ancestraux en Chine, en Corée et au Japon comme plante alimentaire (le bulbe est consommé et aurait le goût de la pomme de terre) et médicinale. Loureiro, au 19° siècle, le signale également en culture à Canton et le nomme pomponicum.

Il n’a été introduit en Europe qu’en 1804, à Kew Gardens, par Mr. William Ker qui envoya des bulbes de Canton. Redouté en réalisa deux planches, l’une représentant une fleur en 1813 et une autre représentant une inflorescence complète en 1816.

Ce lys est mentionné pour la première fois –sous le nom de L.tigrinum- dans les travaux de Kaempfer, qui fut, de 1690 à 1692, attaché comme docteur à la mission hollandaise sur l’île de Dejima au Japon (île artificielle construite en 1634 dans la baie de Nagasaki). Il est également mentionné par Thunberg  en 1794 sous le nom de L.lancifolium mais il fit une confusion avec L.bulbiferum. Cependant, le nom de L.lancifolium a été ressuscité, malgré cette ambiguïté, et est retenu dans la plupart des flores contemporaines. Le nom donné par Thunberg est prioritaire car le nom de tigrinum n’a pas été publié avant 1810. Toute la question est de savoir si sa description peut être considérée comme valide pour retenir ce nom. C’est pour cela que ce lys est plus connu sous le nom de L.tigrinum.

Découvert au Japon, ce lys fut ensuite trouvé par Wilson dans les montagnes du centre-ouest de la Corée. Il trouva sur l’île de Dagalet (aujourd’hui Ullung-do) une variété à tiges laineuses nommée var.fortunei. Baranova trouva la plante dans la région de Vladivostock, au sud de Sakhaline et sur les îles Kouriles. Il est noté que ce lys est mésophyte et préfère les vallées de rivières où il pousse parmi une végétation mixte en sol alluvionnaire riche en humus.

 

La plupart des formes cultivées de ce lys sont auto-stériles. Cependant, les plants produisent des bulbilles à l’aisselle des feuilles rendant ainsi aisée sa multiplication.

 

C’est une espèce de culture très facile, ne craignant pas le plein soleil ni les sols calcaires. Le problème est que la plupart des bulbes que l’on trouve dans le commerce sont infectés par un virus que ne semble pas affecté sa croissance mais qui est transmis par les insectes aux autres lys qui pourraient être également présents dans votre jardin. Notre plant a été semé à partir de graines collectées dans les montagnes du Japon afin de ne pas subir ce désagrément.

Les hollandais tentent de produire des bulbes exempts de ce virus et de bons résultats sont obtenus avec la var.splendens principalement. Le professeur Schenk, directeur de la Lisse Bulb Research Station, note en 1969, que la var.splendens est sensible au virus de la mosaïque et du tabac. Les symptômes se traduisent par des taches nécrotiques sur les feuilles.

 

3 variétés sont reconnues :

 

var.fortunei qui se distingue par ses tiges laineuses. C’est une plante vigoureuse qui peut atteindre 2 m de haut avec des tiges pouvant porter jusqu’à 40 fleurs orange-saumon. Elle a été découverte sur l’île de Ullung-do au large de la Corée. Wilson a découvert cette plante sur les falaises en bord de mer où elle pousse dans des poches où s’accumule l’humus. Cette variété fleurit plus tard, vers la mi-septembre. Répartition : île Ullung-do au large de la Corée et du Japon, Chine (monts Lushan)

 

var.splendens qui se distingue par ses fleurs plus grandes, fortement tachetées, orange-rougeâtre vif contrastant avec les tiges noires et les bulbilles foncées et brillantes. Un bulbe a été repéré dans un envoi de H.Linden depuis le Japon pour Bruxelles en 1867. Leichtlin l’a  cultivé et divisé afin d’en créer un stock important. Ces bulbes ont été commercialisés par Van Houtte, alors pépiniériste à Gand.

 

var.flaviflorum se distingue par ses fleurs jaunes qui sont également tachetées (voir photo). Cette variété a été découverte et décrite par Makino en 1933. Répartition : Japon (Kyushu, île Tsushima)

 

Lilium lancifolium a plusieurs fois servit pour l’hybridation. ‘Cardinal’ a été obtenu en le croisant avec L.amabile. Il a également été beaucoup hybridé avec L.bulbiferum, L.davidii, L.leichtlinii, L.maculatum, L. x umbellatum et L. x hollandicum pour obtenir, notamment, le spectaculaire ‘Enchantment’. La var.flaviflorum a servit pour obtenir de nombreux hybrides à fleurs jaunes et tigrées tels que ‘David Bowes Lyon’ et ‘Frederick Stern’. De nombreuses formes et hybrides avaient été présentés en 1969 en Hollande lors de la International Lily Conference.

Une variété à fleurs doubles, ‘Flore Pleno’ fait sensation au 19° siècle. Elle a été introduite du Japon en 1870 par M. le comte de Montebello au jardin d’acclimatation.

 

Lilium-lancifolium-2.jpg

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 22:31

L’arbre aux mouchoirs. Quel beau nom…et quel bel arbre !

 

Voici une espèce qui ne passe pas inaperçue lors de sa floraison. Pourtant, comme le bougainviller par exemple, ce ne sont pas ses fleurs qui sont décoratives mais les bractées qui les entourent. Chez le Davidia, elles sont grandes, blanches et ressemblent à des mouchoirs en papier. Certains l’appellent également « arbre aux pochettes » ou « arbre aux fantômes ».

Cet arbre est dédié au Père Armand David (1826-1900) qui étudia la vie sauvage en Chine durant plusieurs années où il découvrit de nombreuses plantes  ainsi que le fameux panda géant dans la région de Baoxing dans le Sichuan. C'est lui qui découvrit cet arbre et envoya les premiers échantillons en 1869 par l'intermédiaire du Professeur Baillon.

Notre dernière expédition en Chine a suivie ses traces et un article à son sujet et sur la région de Baoxing est paru en français dans la revue Hommes & Plantes N°65 et en anglais dans la revue Arnoldia 67(2). Nous y avons d’ailleurs observé plusieurs pieds en fleurs (début mai 2007). Le père David écrit dans ses notes à propos du Davidia : « arbre de 20 mètres, dressé, beau ».

L’arbre est une première fois illustré dans l’ouvrage de Franchet « Plantae Davidianae » en 1888 mais avec des inflorescences et bractées dressées et les feuilles étalées (au lieu de pendantes).

Le premier planté en France l'a été à l'arboretum des Barres. En 1912, le Curti’s Botanical Magazine écrit : «  Davidia est certainement la plus excitante nouveauté découverte dans l’ouest de la Chine ». Les premiers spécimens arrivés à Kew en 1889 avaient été collectés par Mr. A. Henry. L’introduction de l’arbre en culture date de 1897 avec l’envoi de graines collectées par le père Farges à destination de Mrs. Vilmorin. De ce lot, une seule graine germera deux ans plus tard. Farges envoie un second lot de graines en 1898 puis, en 1903, E.H. Wilson envoie lui aussi des graines à Veitch & Sons d’où est obtenu un grand lot de plantes. Wilson récolte également des échantillons en 1903 dans l’ouest de la Chine vers 2000 m d’altitude (n°3702, Herb. Mus. Paris). Le premier arbre à fleurir en culture était issu du premier lot de graines de 1897. Cette floraison a eu lieu en 1906 à l’Arboretum des Barres en France et fût illustré dans le Gardener’s Chronicle le 2 juin de cette même année.

Les arbres dans la pépinière Veitch à Coombe Wood fleurirent la première fois en 1911 et furent également illustrés dans Gardener’s Chronicle cette même année (voir illustrations également).

Une variante est alors observée sur les plantes de la pépinière de Veitch. Certains plants ont des feuilles vert pâle et lisses ou presque et d’autres avec les feuilles suffusées de rouge et poilues dessous. M. Dode, de Paris, considère alors qu’il y a trois espèces, D.involucrata,  D.vilmorinii en hommage à Maurice de Vilmorin et D.laeta (voir classification actuelle plus loin dans le texte).

Au contraire, Hemsley, Vilmorin et Wilson considèrent que ces variantes représentent tout au plus des variétés.

Voici comment Dode différentie les 3 espèces dans la revue horticole de 1908 :

-         Feuilles soyeuses en dessous : Davidia involucrata

-         Feuilles glabres et glauques en dessous : D.vilmoriniana

-         Feuilles glabres et vert-jaunâtre en dessous : D.laeta

Dode note en effet une différence selon les échantillons récoltés dans la nature :

Les échantillons de Wilson et Ducloux ont des bractées plus elliptiques, en général moins larges au sommet, plus teintées, avec des nervures plus marquées, plus foncées.

Les jeunes fruits sont plus allongés et à style plus fort et plus persistant, le noyau est plus étroit (échantillons Ducloux).

Les pétioles sont rouges et les bourgeons sont colorés par place (échantillons Wilson & Ducloux).

La marge des feuilles est plus ou moins marquée de rouge (échantillons Ducloux).

Dode place également Davidia tibetana en synonymie de D.involucrata. D.tibetana avait été décrit du Tibet par David en 1883.

Dode classe les échantillons de Henry sous D.vilmoriniana, illustré dans Hooker’s Icones Plantarum en 1891 (voir illustrations). Sur son échantillon, Henry a marqué : « seul arbre vu en 6 mois d’expédition ».

Du coup, D.vilmoriniana est la première « espèce » introduite en culture. Le lot de plantes cultivées dans les pépinières Veitch et issues des graines envoyées en 1903 par Wilson sont classées sous D.laeta.

Aujourd’hui, seule une espèce est reconnue – Davidia involucrata – avec une variété, la var.vilmoriniana.

L’illustration parue dans le Curti’s Bot. Mag. De 1912 a été faite d’après l’arbre en fleurs à l’Arboretum des Barres.

Le Davidia appartient à la famille des Cornacées, Davidiacées ou Nyssacées. C’est au choix ! En effet, il a tour à tour été classé dans ces trois familles. Celle des Davidiacées a été créée spécialement pour lui. Certains botanistes le classent dans les Nyssacées (avec le Nyssa) comme dans la flore de Chine par exemple. Kubitzki (The Families and Genera of Vascular plants, vol.6, 2004) le classe dans les Cornacées (comprenant les genres Cornus, Davidia, Mastixia, Diplopanax, Alangium, Camptotheca et Nyssa).

C’est un arbre rare dans la nature, relique du tertiaire. Il avait sans doute une large répartition mais a disparu de nombreuses localités lors des dernières glaciations pour ne survivre que dans le centre et le Sud-Ouest de la Chine. Il est appelé en Chine « fossile vivant » et « panda géant » du « royaume des plantes ».

L’arbre aux mouchoirs occupe en Chine une place importante dans la recherche floristique et est classé parmi les plantes protégées.

Il pousse dans les forêts caduques ou sempervirentes, sur les pentes en lieux ombragés et humides. On le trouve à Shennongjia (Hubei), dans les montagnes Wanchao (Xingshan), vers le temple Taishan (Enshi), dans les montagnes à Lichuan, dans la région de Swan (Jianshi), au petit Shennongjia (Badong), à Huangbaipeng (Hefeng), dans les montagnes Wu (Sichuan) et dans les montagnes Wuling (Hunan) à une altitude comprise entre 1280 et 1800 m. Il pousse également dans la région de Baoxing, Tianquan, Mabian et Leibo (Sichuan) entre 1800 et 2300m ; dans les montagnes Fanjing (Guizhou) entre 1000 et 1800 m ; à Zhenxiong, haiziping (Yiliang), Sanjiangkou (Daguan) ; Tongluoba (NE.Yunnan) entre 1200 et 1400 m ; Weixi, Gongshan et Lanping (NO.Yunnan). 

On le trouve souvent associé à  Fagus longipetiolata, Cinnamomum camphora (le camphrier), Aesculus wilsonii, Chimonobambusa tumidissinoda & Chimonobambusa quadrangularis (bambous), Castanopsis platyacantha, Schima superba, Actinodaphne omeiensis, Lithocarpus elegans, Lithocarpus cleistocarpus, Quercus engleriana, Gordonia axillaris, Cercidiphyllum japonicum et Cornus melanotricha dans des zones à température moyenne annuelle de 12-14°C avec 1200-1400 mm de précipitations.

Des arbres ayant plus de 150 ans poussent à Yezhixiang (Weixi) et Muganxiang (Daguan).

En Chine, plusieurs noms lui sont donnés : ‘Labizi’ dans le langage Lisu, ‘Oula’ dans le langage Nu dans les Gongshan ou encore jujubier sauvage (?) à Weixi.

Les chinois vénèrent cet arbre et le plantent beaucoup à travers la Chine, même à des altitudes bien inférieures à sa répartition naturelle. Ils aiment dire que ce sont les seuls mouchoirs capables de voler dans toute la Chine ! 

Concernant sa multiplication, les chinois ont réalisé des essais sur la germination des graines. Sans traitement, celles-ci mettent 1 à 2 ans pour germer. En plaçant les graines tout l’hiver dans du sable humide et en semant au printemps, on obtient un fort taux de germination dès la première année. Ses expériences sont menées par « The Forest Department of Huaihua » dans la province de Hunan. Les graines sont placées dans des plates-bandes de sable de 7 cm de profondeur, à l’ombre. Les graines sont placées à 5 cm sous le sable qui est arrosé tous les 3/5 jours. Les graines y sont placées vers mi-novembre et germent en avril. Le taux de levée est de 80%.

Le bouturage a été testé au jardin botanique de Guiyang sur des rameaux semi-ligneux dans du sable. La base des rameaux à bouturer est trempée dans 50-100 ppm d’acide indolacétique  durant 24 heures. Les racines apparaissent au bout de 30 jours et la reprise est de 50% environ.

Sa répartition : Chine (Guizhou, O.Hubei, O.Hunan, Sichuan, N.Yunnan), en forêts mixtes de montagne, à 1500-2600m 

Cette espèce est notée comme rare dans le « China Pl. Red Data Book » de 1992.

Distinction entre les deux variétés : 

Feuilles densément pubescentes dessous……….var.involucrata

Feuilles glabres dessous ou légèrement pubescentes quand elles sont jeunes, parfois glauques dessous……….var.vilmoriniana

 

Le Davidia vit dans des régions à hivers froids et à étés frais, brumeux et pluvieux. L’hygrométrie moyenne est y de 80 à 85%. Cet arbre est donc bien rustique mais craint les étés chauds et secs. Je connais de beaux exemplaires qui n’ont pas survécus à l’été 2003. Il faudra donc lui réservé un emplacement abrité du soleil brûlant et des vents chauds. Le sol devra ne jamais être desséché et rester humide. C’est un arbre à croissance assez rapide lorsqu’il est en de bonnes conditions.

Retrouvez sa description botanique complète, plusieurs photos et les gravures d'époque dans Asarum magazine n°8.

Davidia-involucrata-10.jpg

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 23:13

Qui dit cuisine asiatique, dit gingembre. Incontournable. Le genre Zingiber compte entre 100 et 150 espèces des zones chaudes de l’Asie. Hors de question donc, de planter ça dans son potager. C’est bien dommage car ce sont également de plantes très décoratives. Heureusement pour nous, jardiniers des régions froides, on trouve dans les montagnes du Japon, une espèce habituée aux hivers froids, Zingiber mioga. En ce 15 juillet, ses fleurs se sont ouvertes dans le jardin. Preuve de sa résistance au froid, nous l’avons vu dans son habitat, dans les forêts de montagnes, lorsque nous empruntions la route pour la célèbre station du Mont Hagishadate où se sont déroulés les J.O. de Nagano. Et puis, notre plant dans le jardin, qui passe les hivers sans protection, même lorsque le thermomètre descend bien en-dessous des –15°C.

Voilà donc un gingembre que l’on peut cultiver dehors chez nous. Bon, ok. Mais pour quoi faire ? Tout d’abord, pour l’ornement. Ses tiges dressées de 40/60 cm de haut portent de longues feuilles vertes avec un port évoquant les plantes que l’on peut trouver dans les sous-bois des forêts tropicales. Et, en été, cette multitude de fleurs jaunes qui apparaissent au pied des tiges. Notre plant est cultivé en isolé, dans une zone où l’on peut facilement observer sa floraison. C’est une plante d’allure peu banale. Et puis, comme tout gingembre qui se respecte, le asiatiques en ont trouvé plusieurs utilisations, culinaires et médicinales. Les boutons floraux sont très recherchés comme condiment frais. Emincés, ils sont utilisés dans des soupes ou des tempura. Même s’il est moins recherché que celui du gingembre officinale, son rhizome est tout de même parfois également utilisé tout comme ses jeunes pousses.

 

Pour être plus précis, cette espèce pousse naturellement au Japon et dans les provinces chinoises de Anhui, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Yunnan et  Zhejiang où on le trouve dans les vallées des montagnes en lieux frais. Il est étonnant de constater qu’il reste peu cultivé en Chine.

Il fut cultivé pour la première fois en France, à Paris au Museum, lorsque le Dr.Hénon envoya des rhizomes au Dr.Désirée Bois en 1879.

Un mythe japonais raconte que la consommation de cette plante rend distrait, tête en l'air,  voire amnésique. Autrefois, le disciple d'un grand maître était tellement distrait qu'il en oublia son propre nom… Après son décès, une étrange herbe poussa prés de sa tombe. Elle fut appelée mioga.

 

Ses feuilles peuvent tout de même approcher les 40 cm de long. Ses fleurs apparaissent, selon les régions, d’août à octobre. On le plantera au soleil non brulant ou à ombre légère dans toute bonne terre de jardin bien drainante, surtout en hiver où la plante est au repos.

 

Zingiber-mioga.jpg

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