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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 20:19

Qui a dit que l'automne est une saison triste. En attendant la coloration des feuillages, voici (un petit) aperçu des fleurs dans le jardin. J'y ai planté beaucoup de variétés fleurissant au mois d'octobre, afin de prolonger la belle saison avant l'hiver toujours trop long...

Osmanthus-yunnanensis_DSC64.jpgOsmanthus yunnanensis (quel parfum !!!)

Chelonopsis-moschata_DSC641.jpgChelonopsis moschata

Isodon-trichocarpus_DSC6413.jpg
Isodon trichocarpus

Isodon-kameba DSC6414
Isodon kameba

Isodon-shikokianus-intermed.jpgIsodon shikokianus var.intermedius

Keiskea-japonica DSC6417
Keiskea japonica

Leucosceptrum-japonicum_DSC.jpgLeucosceptrum japonicum

Leucosceptrum-japonicum-Sil.jpgLeucosceptrum japonicum 'Silver Angel'

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 21:33

Commencé il y a maintenant 7 ans à partir d'un pré à vaches, notre jardin compte aujourd'hui plus de 5.000 plantes. Je vous fait régulièrement partagé mes photos et je vous en présente maintenant quelques-une dans un album photos que vous pouvez consulter ici (PS : ne faites pas attention à la petite faute de frappe dans l'intro...) : http://issuu.com/cedre/docs/album1

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 21:26

 

Vous connaissez peut être mon intérêt pour les ronces. On n'imagine pas à quel point le genre Rubus est riche et diversifié. Et toutes les ronces ne sont pas d'épais fourrés impénétrables et épineux. On y trouve des arbustes, arbustes grimpants, plantes rampantes couvre-sol, etc… et parmi celles-ci des espèces à feuillages très décoratifs caducs ou persistants, à belles floraisons, à fruits succulents ou encore d’autres non épineuses.

L'espèce que je vous présente ici est une petite splendeur originaire de l'Himalaya. C'est un arbuste dont les tiges arquées et sans épines peuvent atteindre 3 m de long. Elles portent de très belles feuilles pouvant dépasser les 20 cm de long, dentées et fortement nervurées, argentées au revers. Elles sont simples alors que celles des autres espèces proches dans le même groupe sont composées. Ses fleurs sont d'une couleur inhabituelle pour le genre puisqu'elles sont rouges. Elles sont suivies de fruits orange ou rouges.

Cette espèce fait partie du sous-genre Idaeobatus et de la section Lineatae qui comprend, entre autres, de belles espèces comme R.lineatus et R.splendidissimus.

Dans la nature, on la trouve au Bhoutan, sud-est du Tibet et nord-est de l'Inde dans les Etats de l'Arunachal Pradesh, Nagaland et Manipur où elle pousse dans les forêts humides, dans les fourrés et les prairies, entre 2100 et 3300 m d'altitude.

L'espèce a été décrite par C.B. Clarke (qui a énormément travaillé sur la flore de l'Inde) en 1889 à partir de spécimens collectés à Naga Hills (dans l'Etat du Nagaland) près de Jakpho en octobre 1885. La plante fût à nouveau collectée en 1924 par Kingdon-Ward dans les gorges du Tsangpo à 2900m puis en 1928 dans la vallée de Delei dans l'Assam. Watt en collecta également dans l'Etat de Manipur dont des spécimens avec des feuilles particulièrement grandes. Grierson et Long collectèrent des spécimens dans le centre du Bhoutan dans les districts de Mongar et Tashigang entre 2200 et 2900m.

Hormis pour la taille de ses feuilles, c'est une espèce très peu variable.

Cette beauté n'est malheureusement pas très rustique et ne supporte pas les vents froids. Son feuillage prendra toute son ampleur dans un lieu abrité. Elle supporte des températures jusqu'à -10°C environ et préfère un sol humifère et frais, mais sa culture est facile. z8

Nous la cultivons en serre froide non chauffée chez nous où elle se maintient très bien en pot sans pouvoir atteindre ses dimensions maximales.

Rubus-calophyllus-1.jpg

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 12:05

Plus qu'un catalogue, le bulletin N'Avette 2013 est disponible. Il comprend le catalogue 2013 avec les nouveautés et est disponible depuis le 6 février 2013. Sous formant PDF, vous pouvez le feuilleter ici :

http://issuu.com/cedre/docs/n-avette2013?mode=window

ou le télécharger à cette adresse (document lourd, temps de chargement pour une connection bas débit 512k de 10 min. environ. Une fois à l'écran, vous pouvez l'enregistrer sur votre ordinateur) :

http://www.asianflora.com/N-Avette2013.pdf

couverturebd.jpg

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Published by Cedric Basset - dans horticulture asiatique
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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 16:46

 

La famille du lierre, les Araliacées, contient un grand nombre de genres dont certaines espèces -pourtant très rustiques- ont des airs de tropicales avec leurs feuillages exubérants. C'est le cas d'un arbre étrange, la Kalopanax septemlobus, plus connu sous le nom de Kalopanax pictus. Encore rare dans nos jardins, on le trouvera plus souvent sous la forme d'un grand arbuste, les vieux sujets pouvant être admirés dans quelques vieux arboretums. C'est une plante étrange, aux grandes feuilles variablement lobées, de 15/30 cm environ. Ses grandes inflorescences peuvent atteindre 60 cm de long avec de nombreuses ombelles de fleurs blanc-verdâtre, mellifères, en fin d'été. Elles sont suivies de baies noires. Ses tiges sont également particulières puisque hérissées de nombreuses épines. En vieillissant, l'écorce gris-marron se fissure profondément. Son bois est utilisé en Asie pour la fabrication de meubles. Si l'arbre peut atteindre 30 m de haut dans la nature, il faudra se « contenter » d'une dizaine de mètres dans son jardin sur des sujets de plusieurs années même si sa croissance est relativement rapide quand il est jeune.

Le botaniste Kaempfer découvrit deux plantes au Japon qui furent identifiées et décrites par Thunberg comme deux érables. Il décrit alors Acer palmatum (l'érable du Japon) et Acer pictum. Mais il y a eu confusion dans les échantillons. Il le rebaptisera rapidement Acer septemlobum. En 1925, Koidzumi le tranfère dans le genre Kalopanax, sous le nom actuel. En 1927, Nakai le nomme Kalopanax pictus mais ce nom n'est pas valide. A noter, que Acer pictum est une espèce d'érable qui existe bel et bien.

Cet arbre a été introduit à nombreuses reprises en Europe. En 1865, Maximowicz envoya des graines, puis Wilson en 1911 avec des graines collectées dans l'ouest de la province de l'Hubei. Ces graines donnèrent des plants dont un sujet fût donné aux jardins botaniques de Kew par les fameuses pépinières Veitch. Il s'agit d'une forme aux feuilles peu lobées que le botaniste coréen Nakai nomma, en 1921, Kalopanax ricinifolius var.chinensis (aujourd'hui synonyme du type). En 1874, Van Houtte, avait nommé une plante Aralia maximowiczii qui fût renommée Kalopanax septemlobus var.maximowiczii (aujourd'hui K.septemlobus f.maximowiczii) et dons les feuilles sont profondément lobées. Une très belle variété pour le jardin.

Le genre ne compte toujours aujourd'hui qu'une seule espèce (E.Russie, Chine, Corée et Japon), avec une sous-espèce (subsp.lutchuensis, du sud du Japon) et une forme (f.maximowiczii, que l'on trouve au nord et au centre du Japon, en Corée et dans le nord de la Chine).

Nous avons eu plusieurs fois l'occasion de trouver cette espèce lors de nos voyages. Dans la province du Sichuan en Chine, sur l'île de Jeju en Corée du sud et dans les montagnes Seorak (toujours en Corée) avec un superbe vieux sujet. Nous avons trouvé la forme maximowiczii au Japon sur les îles de Honshu et Shikoku.

Parfaitement rustique même dans nos régions les plus froides, on le cultivera dans toute bonne terre de jardin bien drainée. Une exposition au soleil ou à mi-ombre avec une préférence pour le soleil dans les régions les plus froides pour un bon aoûtement des pousses de l'année.

Kalopanax-pictus-5.jpg

Plus de photos sur mes pages :

http://www.asianflora.com/Araliaceae/Kalopanax-septemlobus.htm

 

http://www.asianflora.com/Araliaceae/Kalopanax-septemlobus-maximo.htm

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 20:14

 

Je vous livre ici un article écrit suite à un voyage dans le Sichuan en Chine, en septembre 2005 et initialement paru dans la revue du CCVS "Hommes & Plantes" n° 63 en automne 2007.

Qui n'a jamais rêvé de découvrir la merveilleuse région du Tibet ? Aujourd'hui réparti sur 3 provinces dont la principale est dénommée Xizang par les chinois, l'ancien Tibet a également été "grignoté" sur les cartes par le nors-ouest du Yunnan et l'ouest du Sichuan.

La province du Sichuan est particulièrement visitée par les amateurs de plantes et ceci depuis bien longtemps puisque les plus grands noms de la botanique y sont passés : Delavay, Franchet...

La saison privilégiée s'étale de avril à fin juin, période où se pressent les touristes et où il est possible d'admirer un grand nombre de plantes en fleurs dont les primevères, les rhododendrons ou encore les orchidées. La saison automnale est plus souvent oubliée mis à part par les fervents récolteurs de graines...

Pourtant, l'arrière saison tibétaine offrent un fabuleux mélange de floraisons tardives, de fructifications colorées et de feuillages rougissants... C'est pourquoi, après plusieurs voyages toujours réalisés au mois de juin, nous avons décidé de partir en septembre. Nous avons choisi ce mois car il offre un bon compromis entre soleil, chaleur, fleurs, fruits et premières couleurs d'automne sans que le froid ne soit encore trop présent. Il faut savoir que le mois d'octobre peut déjà être froid lorsque l'on grimpe à plus de 3000m. Pour exemple, lorsque nous étions à 3500m vers mi-septembre, la température grimpant aisément à 22°C en journée mais dégringolait vite en dessous de 5°C après 19h.

Ce choix s'est également porté par l'envie de découvrir toutes ces plantes retenant leurs fleurs tout l'été pour ne s'exprimer pleinement qu'une fois celui-ci éloigné comme les aconites, delphiniums, saxifrages, impatiens ou encore gentianes.

Durant ce voyage de 4 semaines, nos sacs se sont longuement posés dans la région de Kangding, très réputée pour ses plantes puisque son ancien nom, Tachienlu, apparaît régulièrement dans les vieilles revues.

La ville -très agréable- de Kangding est encaissée dans une vallée étroite au pied de montagnes raides où s'écoule la rivière Zheduo. Pour y parvenir, il faut prendre un bus à Chengdu. La route passe au sud de Baoxing avant de culminer sur les superbes montagnes Erlang où l'on aimerait que le bus s'arrête tous les 10 mètres tellement on peut apercevoir de plantes !

Pause casse-croûte à midi dans un resto archi sale dans une petite ville qui l'est tout autant. Régime biscuits secs, on mangera mieux ce soir !

Passage ensuite par la ville de Luding, très laide elle aussi mais entourée de montagnes botaniquement très riches. De là, la route emprunte une belle vallée reliant Kangding puis la route du Tibet par Litang, Batang...

Le paysage du début de cette vallée après Luding est irréel. En effet, un cactus du genre Opuntia, introduit là sans doute pour ses fruits s'est naturalisé et colonise toutes les montagnes !! La végétation est devenue impénétrable.

Ce qui caractérise la Chine, c'est ses villes parfois tentaculaires, souvent assez laides avec ses bâtiments en petits carreaux blancs. Mais c'est surtout les sensations que l'on y ressent. Il y a des villes en Chine que l'on a détestées et d'autres où il était impossible de ce décider à partir... Ceci reste assez inexplicable et ne tient pas seulement de l'esthétique de celle-ci mais d'un savant mélange d'émotions ressenties en parcourant ses rues, ses boutiques, ses restaurants. Et Kangding fait partie de ses villes où l'on se sent bien. L'altitude (2600m) et la proximité des montagnes sans doute...

Kangding s'avère une base très pratique pour explorer les montagnes alentours restées très riches et pour faire des excursions de un jour ou une semaine sans parcourir des centaines de kilomètres. C'est ce que nous avons fait en choisissant d'aller au lac Mugue situé à environ 40km avec ses sources chaudes en contrebas et, non prévu à l'origine, les prairies alpines de Tagong, lieu enchanteur préservé de l'architecture chinoise et du tourisme de masse sur la route tibétaine de Garzé. Un paradis...

Lors de notre première balade dans les montagnes surplombant la ville sous un soleil radieux, nous ne pouvons que constaté le juste choix de venir en septembre : des fleurs par centaines (gentianacées, sauges, saxifrages, clématites...), de nombreuses plantes en fruits (pivoines, parisettes, arisaemas, chèvrefeuilles...) et les premières colorations (sorbiers, viornes...).

Ces herborisations sont également l'occasion de goûter à de nombreuses espèces sauvages peu connues de groseilliers, ronces ou kiwis.

 

Autour de Kangding, nous observerons en fleurs un joli corydale bleu (Corydalis linstowiana), une grande sauge violet foncé (Salvia przewalskii), un ail (Allium prattii), une petite campanule (Campanula pallida), des buddleias, plusieurs clématites (Clematis tangutica, rehderiana, dasyandra, grata, brevicaudata, lasiandra forme blanche), une petite plante de la famille des plumbagos (Ceratostigma minus), Delphinium caeruleum, une aristoloche faisant une petite remontée de fleurs (Aristolochia moupinensis), des asters d'automne (Aster albescens), de nombreuses espèces d'edelweiss, une superbe impatiens jaune très florifère, les dernières fleurs de Schisandra, des gentianacées (Halenia elliptica, Swertia mussottii et Pterygocalyx volubile, espèce volubile), des géraniums vivaces, un oeillet parfumé (Dianthus superbus), Saxifraga stolonifera sur les rochers à l'ombre, un immense sédum (Sedum angustum) à feuilles verticillées par trois, Cynanchum szechuanense (Asclépiadacées), Scutellaria hypericifolia et Elsholtzia myosurus (Labiées), deux orchidées d’automne (Spiranthes sinensis et Neottianthe cucullata...

Halenia-elliptica-3.jpg
Halenia elliptica

Nous séjournons dans un petit hôtel tibétain très rudimentaire mais assez tranquille (hormis les chiens qui aboient toutes les nuits). Kangding ne compte pas beaucoup de restaurants où l'on peut espérer manger correctement mis à part un établissement très typé tibétain pour les touristes et un peu classe par rapport à la normale mais où l'on se régale après une journée de marche.

Une excursion très sympa à faire dans la région est le lac Mugue situé à 3500m d'altitude et à une quarantaine de kilomètres de la ville. Si la distance est faible, n'oublions pas que nous sommes en Chine et qu'il vaut tout de même mieux partir tôt pour profiter de la journée. Notre hôtel nous a trouvé un chauffeur pour la journée qui nous emmène avec sa voiture. Comme maintenant presque tous les lieux naturels sympas en Chine, il y a un péage sur la route pour faire payer les touristes. Peu plaisant.

Arrivée au lac, dans la brume et le froid. Le chauffeur nous attendra là, sur le parking, où déjà de nombreux autres conducteurs attendent le retour de leurs passagers venus admirer le lac ou faire un tour en cheval.

Au-dessus de celui-ci se trouve un hôtel que nous n'avons pas essayé. Cela nous aurait permit de faire le tour du lac mais encore faut-il trouver un chauffeur qui veuille bien redescendre à vide et revenir vous chercher 2 ou 3 jours plus tard.

Le lac est entouré de forêts denses et humides abritant de nombreuses espèces herbacées comme cette jolie rhubarbe (Rheum alexandrae), un ail à 2 feuilles larges (Allium ovalifolium), des primevères, une jolie petite aconite (Aconitum pulchellum), des rhodiolas, des sorbiers à fruits blancs, Triosteum himalayanum et des Maianthemum avec leurs fruits rouges, Beesia calthifolia, des sceaux de salomon et un petit Rubus fockeanus rampant en fruits. C’est dans cette forêt que nous verrons le plus beau spectacle d’une fructification. Sous les arbres, de gros buissons de Rosier (Rosa omeiensis) portaient des centaines de fruits allongés jaunes et rouges tout à fait flamboyants !

Aconitum-pulchellum-1.jpgAconitum pulchellum

Les forêts laissent vite leur place aux prairies alpines pentues offrant un superbe panorama sur le lac. Là aussi, beaucoup de fleurs, surtout des plantes de montagne. Nous sommes à 3600m.

L'herbe rase est clairsemée de tâches violettes surprenantes. En y regardant de plus près, il s'agit de Saussurea stella, une astéracée acaule dont les pétioles élargis des feuilles sont très colorés. Beaucoup de petits genévriers denses abritant des saxifrages jaunes ou de petites fritillaires en fruits. Deux magnifiques espèces d'ombellifères du genre Pleurospermum sont dispersées sur les pentes ainsi que Pterocephalus hookeri (Dipsacacées, famille des scabieuses). Un peu plus haut, dans les éboulis, poussent des groseilliers et des rhubarbes (Rheum palmatum).

Au loin, nous apercevons de grandes plantes portant de longs épis étroits bleu-violet argenté reseemblant à des aconites. Il s'agit en réalité d'une superbe espèce de delphinium, Delphinium forrestii avec des fleurs finement striées. A leurs pieds, de petites rosettes ressemblant à des joubarbes qui sont en fait un petit saxifrage rare, Saxifraga microgyna. Sur la pente opposée, nous retrouvons un couvert forestier humide avec une autre espèce d'aconite atteignant, en fleurs, plus de 2m de haut !

Le panorama sur le lac est splendide.

Delphinium-forrestii-1.jpgDelphinium forrestii

Une journée passe malheureusement trop vite, et il est temps de rejoindre notre chauffeur, impatient de revenir à Kangding. Pour faire le tour complet du lac en prenant le temps d'herboriser, 3 jours ne seraient pas de trop.

De retour à notre hôtel, nous demandons à la responsable quels sont les autres lieux naturels à visiter dans la région. Elle nous indique les prairies alpines de Tagong situées à une centaine de kilomètres et 1000m plus haut en altitude sur la route tibétaine de Garze.

Il s'agit d'une petite ville tibétaine encore peu fréquentée par les touristes. Nous devons donc trouver un chauffeur pour nous y conduire. Notre hôtel s'en charge et nous trouve un chauffeur avec une petite voiture dans un état pire que celles que nous avons dans nos casses ! Pas de rétroviseurs, pas de frein à main, levier de vitesse à moitié cassé, siège du conducteur déboîté, portes et vitres arrières ne s'ouvrant plus, pas d'amortisseurs…

Nous n'avons pas le choix. Nous sommes à moitié rassurés mais, heureusement, la route (parfois seulement chemin de terre) est large et bordée de prés. Un tel véhicule nous fait bien ressentir les bosses d'une telle route !

Mais la beauté du paysage et de l'architecture tibétaine ici intacte nous font vite oublier nos conditions de voyage. Arrêt dans un ville après plusieurs heures de route et….changement non prévu de véhicule. Nous nous retrouvons dans un véhicule grand comme une Twingo à 7 personnes plus leurs gros sacs et les nôtres !

Ce sont des tibétains très sympas, mais bonjour les crampes à l'arrivée ! L'ambiance dans la voiture était joyeuse puisque les tibétains, pas vraiment de gros poilus, se moquaient de mes bras en me tirant les poils !!!

Nous arrivons enfin à Tagong, à la tombée de la nuit alors que nous devions arriver en début d'après-midi. Nous nous rendons dans le seul hôtel réputé convenable. Le confort des chambres est très sommaire mais les lits sont propres et il y a même de l'eau chaude dans les douches (pas toute la journée). La cuisine y est également délicieuse et réconfortante après une dure journée.

Tagong est une petite bourgade tranquille avec une rue principale et un immense monastère. Il suffit de marcher 5 minutes pour se retrouver dans les prairies alpines. Celles situées derrière la ville sont très humides et abritent une grande diversité de fleurs. Nous y trouvons Aconitum gymnandrum, le seul aconite annuel de Chine, le très beau Delphinium thibeticum, une astéracée jaune, Cremanthodium lineare, un petit rhododendron, un ail bleu, à nouveau Saussurea stella, des edelweiss, Podophyllum hexandrum en fruits (berbéridacée herbacée).

Cremanthodium-lineare-1.jpgCremanthodium lineare

De nombreuses balades sont possibles tout autour de la ville. Il y a plusieurs vallées qui en partent dont une qui mène à un petit village avec un monastère tibétain très ancien où nous sommes accueillis avec de grands sourires.

Il est possible de faire des randonnées à cheval et, en théorie, de louer des vélos, sauf que personne dans la ville n'en avait !

Dès que l'on s'éloigne de la vallée principale où coule une rivière avec ses prairies très humides, les pentes des montagnes sont nettement plus rocailleuses et sèches. On y trouve d'autres plantes en fleurs : plusieurs espèces de saxifrages et de sédums, des gentianacées (Comastoma pedunculatum, Gentiana tongolensis, Lomatogonium carinthiacum et beaucoup d'autres gentianes), des corydales (Corydalis tongolensis à fleurs jaune vif), Cyananthus incanus de la famille des campanules ainsi que des adenophoras, de nombreux petits aulx, des géraniums vivaces, de nombreuses labiées (un très beau Dracocephalum, des népétas, scutellaires, Ajuga ovalifolia var.calantha…), Delphinium grandiflorum, une forme jaune très rare d'Aconitum tanguticum habituellement violet, une clématite à clochettes jaunes, Clematis tangutica, un Codonopsis (Campanulacées), Spenceria ramalana (Rosacées), etc…

En plus de ces floraisons abondantes, les arbustes nous offrent leurs belles fructifications. Plusieurs espèces de chèvrefeuilles, de viornes, de groseilliers portent des baies colorées. Les herbacées ne sont pas en restes avec les Actaea, Podophyllum, Paris et pivoines. De grandes ombellifères sont également très décoratives à ce stade.

Gentiana-tongolensis-1.jpgGentiana tongolensis

De la plaine, le panorama sont de hautes montagnes est superbe, surtout au moment du coucher du soleil. Tagong est un lieu vraiment paisible et agréable. Le genre d'endroit où l'on a du mal à repartir…

C'est pourtant ce qu'il a bien fallu faire un jour pour continuer notre périple tibétain. D'autant que la destination suivante est également alléchante : le massif des Gongga Shan. Le mont Gongga culmine à 7556m et est très vénéré des tibétains. Ce massif montagneux se situe à près de 500km à l'ouest de Chengdu et comprend plusieurs sommets dépassant les 6000m.

En 1929, Jospeh Rock (botaniste ayant beaucoup exploré cette région et le Yunnan. la pivoine Paeonia rockiilui est dédiée) a dit :"Il n'y a pas d'endroit plus beau que la montagne Gongga dans le monde. Un séjour d'une nuit dans cette montagne est comparable à dix ans de prière". On peut alors dire que nous avons beaucoup prié puisque nous y avons séjourné 3 nuits !

Pourtant, l'approche finale n'est pas simple. Une route qui a complètement dégringolée au fond de la rivière tumultueuse, une circulation ouverte par moment entre deux coups de bulldozer, un passage en terre au-dessus du vide très impressionnant malgré l'habitude et l'arrivée à Moxi, petite ville transformée en bastion pour touristes qui sont pourtant absents…

Comme à leur habitude, les chinois ont vu grand. Cela m'a rappelé notre visite dans le nord du Sichuan en juin 2004 où nous avons visiter le site des chutes d'eau de Zhaga. Pour accéder au site, il faut bien évidemment payer. Pour cela, un grand batiment avec plus de 20 guichets ! Et pas un chat hormis les filles derrière leur guichet. Nous payons et nous nous trouvons face à une route (large et bien goudronnée, en pleine nature…) de plusieurs kilomètres (en montée !). On comprend vite que malgré le prix d'entrée, il va falloir se débrouiller et marché durant 2 heures…

Beaucoup de sites naturels ressemblent aujourd'hui à ceci en Chine. Des investissements énormes en infrastructures, des prix exorbitants et pas (ou très peu) de touristes.

Nous voici donc à Moxi. A l'entrée du parc (le massif des Gongga shan est un parc naturel protégé), deux immense bâtiments avec de grosses inscriptions dorées sur les toits. L'accueil (ou plutôt le péage puisque, une fois payé le billet d'entrée, nous n'avons même pas eu le droit de nous y asseoir en attendant le bus si on ne consommait pas) et un hôtel où, histoire de se renseigner, nous avons demandé le prix des chambres. L'hôtesse me répond très tranquillement : 2000 dollars !!!! Ce n'est pas la première fois que nous entendons ce genre de réponse en Chine. L'hôtel flambant neuf et qui essayait de se donner des allures de luxe était déjà bien fatigué : lampes tombées au sol, finitions non terminées, etc…

Donc, ce sera un hôtel dans le parc, au pied des montagnes. A l'accueil, on demande par sécurité le prix d'une chambre à l'intérieur du parc. Le prix semble assez correct.

On nous annonce un bus pour 11h, à 17h on attend toujours…. Ma patience à des limites ! D'autant que plusieurs bus sont garés et les chauffeurs font la sieste à côté !

Un mini-bus arrive enfin. Première halte à un hôtel situé à côté des sources chaudes. Hors de prix. Nous décidons de reprendre le bus pour aller dans les hôtels situés au 3° campement à près de 3000m d'altitude. Nous arrivons, il y a deux hôtels tout noirs. A notre descente du bus, nous sommes repérés. Tout le monde s'agite pour rallumer les centaines de lumières donnant un air prestigieux aux deux hôtels.

Les prix affichés sont avec plus de 3 zéros… mais les hôtels sont vides. On est très loin des prix annoncés à l'accueil du parc. On discute un peu, ça ne descend pas beaucoup. On essaie l'autre hôtel – même prix. Après une heure de discussion, nous arrivons à diviser le prix par 2 mais parce que nous avons promis de rester 3 nuits. Mais ce prix est accordé sans le petit déjeuner et sans l'eau chaude !!! Pas très sympa.

Pour manger, pas le choix, il y a juste un restaurant. Le menu est très chinois (soupes de nouilles…) mais l'accueil est chaleureux. Nous devons aller en cuisine pour montrer ce que l'on veut manger.

Il faut cependant reconnaître que l'endroit est superbe, l'hôtel propre, les chambres très correctes et l'environnement très calme.

C'est au petit matin que nous mesurons toute la beauté de ce site avec le soleil se levant sur les hauts sommets. L'objectif de la journée est d'atteindre le glacier Hailuogou, un des plus bas de Chine. Nous faisons la montée à pied pour profiter de la flore. Une grande partie de l'ascension se fait dans une forêt dense et humide. Ici, les arbres et arbustes ont déjà bien tous leurs colorations automnales. Les sorbiers sont superbes avec leurs feuilles rouge foncé et leurs fruits blancs ou roses selon les espèces.

Tout en couvert de mousse. En sous-bois, beaucoup de plantes d'ombre : Beesia calthifolia, des Maianthemum, des aralias herbacés, des sceaux de salomon, des pédiculaires, des sauges jaunes, de très nombreuses espèces d'impatiens, des Trillium tschonoskii, Arisaema wilsonii (Aracées), Homocodon pedicellatum (Campanulacées), Aconitum scaposum. De nombreux groseilliers comme Ribes longeracemosum portent de longues infrutescences couvertes de fruits noirs.

Beesia-calthifolia-5.jpgBeesia calthifolia

Après environ 1h30 de marche, nous arrivons dans une station qui est le bout de la route accessible pour les véhicules. De nombreuses boutiques et restaurants y ont été bâtis. Pour accéder au glacier, un gigantesque téléphérique a été construit. Avec le prix demandé pour faire l'aller-retour, vous vous payez un forfait de ski pendant une semaine dans une station en France !

Un peu de marche supplémentaire ne peut pas nous faire de mal ! On continue donc notre sentier. Sur les arbres poussent de nombreuses plantes profitant de l'humidité ambiante dont un joli sceau de salomon, Polygonatum anomalum (voir Hommes & Plantes n°58).

Il faudra encore une bonne heure de marche pour sortir de la forêt et enfin dominé le glacier. La vue sur celui-ci avec le mont Gongga en arrière plan est inoubliable. La flore est très diversifiée avec des delphiniums, des saxifrages, des sédums, un minuscules corydale (Corydalis gracillima), Anaphalis nepalensis (Astéracées), Sedum triactina, des rhodiolas, des Gaultheria à fruits bleus (Ericacées) et des saules à larges feuilles.

Nous descendons jusque sur le glacier. Au bord, la roche est polie et nous voyons dans les fissures à quelques mètres de haut, de grosses fleurs jaunes. Nous avons d’abord cru à un rhododendron. En grimpant un peu et en faisant la courte échelle à Marion, nous nous rendons compte qu’il s’agit en fait d’un sédum avec des fleurs comme je n’en avais jamais vu !

Avec le soleil, la glace de surface fond et il commence à y avoir des éboulis. Nous sommes donc obligés de nous éloigner du glacier. Nous redescendons vers l’hôtel pour une nouvelle soirée très calme au milieu des forêts des Gongga shan.

En tout, nous aurons passés près de 3 semaines dans cette région tibétaine située aujourd’hui dans l’ouest du Sichuan. L’expérience fût inoubliable, un mélange de paysages ensoleillés somptueux, de prairies encore couvertes de fleurs, de baies colorées sur les arbustes, de couleurs chaudes sur les arbres avec un temps très clément et doux. Les routes n’étant pas encore toujours très praticables, il faut envisager au minimum deux semaines pour un voyage dans cette région si on veut en profiter.

Retrouvez toutes les photos de ce voyage (plus de 1000) sur la page :

http://www.asianflora.com/voyage2005.htm

Tagong18-copie-1.jpg

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 20:03

Peu de fleurs au jardin en cette fin de mois de janvier. Dans la serre froide, une plante des forêts de Taiwan, Peliosanthes arisanensis, de la famille des sceaux de Salomon. A supporté -8°C ici, mais je ne pense pas qu'elle passe en-dessous de cette température. Belles feuilles persistantes et larges.

Peliosanthes-macrostegia-5.jpg

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 19:04

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 19:02

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 18:58

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