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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 10:21
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Published by Cedric Basset - dans Les plantes de notre jardin
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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 13:50

Cette plante-bande accueille de plantes d'ombre d'Asie et du Japon particulièrement. Elle est visible par les visiteurs du jardin. Il reste à mettre le paillage et les étiquettes sont en train de sécher...

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Published by Cedric Basset - dans Les plantes de notre jardin
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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 20:29

Il est consacré aux plantes d'ombre. 380 pages et de nombreuses illustrations. Nous en reparlerons. Il sera au prix de 32€.

nouvelle-couv

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Published by Cedric Basset - dans livres
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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 18:22

Je vous reproduis ici un article paru dans la revue horticole de 1893 sur les kakis du Japon et que je trouve intéressant de vous transmettre (vous noterez que certaines observations de l’époque ont évoluées depuis) :

Le Diospyros kaki est un arbre du Japon dont les fruits nourrissent les habitants de ce pays, comme les châtaignes, les figues, les dattes, nourrissent ceux des autres régions. Le kaki n’a pas, chez nous, la réputation qu’il devrait avoir ; on arrive rarement en Europe a obtenir de bons fruits. Sa culture, comme arbre fruitier, n’est pas encore répandue : je ne pourrai guère citer que Nice, Hyeres, Cannes, Monaco, Toulon et quelques endroits d’Italie ou on le cultive pour en tirer parti.

Au Japon, il tient la même place que chez nous les pommiers et les poiriers, et, comme pour ces derniers, on en crée chaque année de nouvelles variétés, dont le nombre est maintenant

considérable. Le port de l’arbre ressemble assez a celui de notre pommier, mais les feuilles sont plus grandes, plus nombreuses et souvent les branches retombent jusqu’à terre. Certains spécimens affectent la forme d’hémisphères ou de cônes d’une régularité telle qu’on les croirait taillés de main d’homme. A l’automne, quand les feuilles sont tombées, on voit de nombreux fruits, comme assis sur les branches, lesquelles, souvent, cassent sous leur poids ; leur couleur passe du jaune d’or de la mandarine au rouge écarlate de la tomate. Les fruits verts contiennent beaucoup de tanin, qui disparaît a la maturité ; il en reste seulement des traces dans la peau. Pour obtenir une maturité hative et faire disparaître complètement le tanin, on emploie des moyens artificiels que nous verrons plus loin.

La culture des kakis ne présente pas beaucoup de difficulté, a l’exception de la greffe, qui ne réussit cette culture serait rémunératrice.

On divise au Japon les divers kakis en variétés d’été ou à saveur douce, et variétés d’hiver ou a saveur âpre. Les premières mûrissent sur l’arbre et peuvent être immédiatement mangées ; les secondes ne le peuvent être que moyennant un procédé particulier. La variété la plus hâtive est le Wassen-Kaki, qui mûrit a la fin d’août : sa qualité est inférieure a celle des suivants. Les variétés qui mûrissent spontanément en automne sont appelées : Kizanaki, Kurakuma et Hatchija. On peut les manger a la fin d’octobre sans préparation artificielle. La peau est très fine, d’un rouge fonce et se détache facilement de la chair, qui est aussi rouge foncé et si succulente qu’on peut la manger avec une cuiller. Les fruits de ces variétés sont gros, surtout ceux de la variété Hatchija, qui ont un diamètre de 9 cm ; ce sont ceux qui sont les plus répandus, et l’on en consomme de grandes quantités dans la province de Tokyo pendant le mois de novembre. Viennent ensuite les espèces qui ne deviennent mangeables qu’après qu’on en a éliminé le tanin qui s’y trouve en grande quantité. Pour cela, les japonais emploient un procédé de fermentation, d’une durée plus ou moins longue, qui est le suivant : Ils cueillent les fruits encore verts et les placent, par couches séparées, dans des caisses remplies de paille de riz coupée court ou ils les laissent jusqu’à ce que les fruits soient mous et doux. Pour accélérer l’opération, ils les arrosent avec de l’eau chaude et laissent refroidir aussi lentement que possible. Ceux qui veulent hâter davantage la maturité remplacent la paille coupée par de l’eau-de-vie de riz dans laquelle ils font baigner les fruits verts.

Diospyros kaki Rev Hort 1936Diospyros kaki dans la revue horticole de 1936

Ces variétés, que les japonais nomment Iodemon, Isurukaki, Iorokukaki, ont une chair plus ferme et plus compacte que les précédentes : on ne peut les manger a la cuiller et l’on doit les laisser fermenter pendant dix jours avant de les servir. Des variétés encore plus tardives, dont les noms indigènes sont : Guibochi, Sochimaru, Isurumaru et Zendji, doivent fermenter plus longtemps. Ce sont des fruits de premier ordre, dont la chair rappelle celle d’une poire de Beurre avec plus de parfum et de sucre, surtout les variétés Guibochi et Zendji.

D’autres kakis, tels que les Yakumi, Chimanokaki, Chinomaru et Daichaudji, appartiennent aussi a la classe des kakis doux et ne sont pas inférieurs aux deux précédents, dont ils ont la chair ferme et compacte. On les consomme également a l’état vert, mais ils servent surtout a la fabrication de conserves sèches que l’on prépare comme les figues. On enlève la peau superficielle et on expose les fruits au soleil pendant un mois, après quoi on les emballe dans des petites caisses : ces kakis secs ont un parfum extraordinaire et sont fort recherches, même des européens. Parlons maintenant des kakis amers ou kakis d’hiver, qui comprennent beaucoup de variétés, dont les principales sont : Joyanna, Nachimiotan, Sakumiotan et Vchira-Kaki. Ces fruits mûrissent très tard et doivent être soumis a une fermentation d’un mois pour être débarrassés du tanin : ils ont alors les mêmes qualités que les kakis d’été et d’automne. Les fruits verts et quelques-unes des variétés amères sont aussi employés pour la production d’un vernis. Dans ce but, on enlève la peau et on les fait ramollir dans l’eau : on obtient alors une substance fluide appelée chibukaki, qui sert dans la teinturerie et la tannerie. Les pêcheurs en imprègnent leurs filets.

Les japonais s’en servent également comme d’huile pour délayer le noir de fumée avec lequel ils barbouillent les façades de leurs maisons en bois. Cette opération, qui a pour but de conserver les constructions légères, a le désavantage de noircir les mains et les vêtements des habitants, quand le mélange est détrempe par la pluie : aussi faut-il renouveler la couche au moins tous les trois ans. On peut se rendre compte, d’après cela, de quelle utilité sont les kakis pour les japonais. Le fruit est pour eux ce que sont l’orange et l’olive pour les peuples de l’Europe méridionale, la datte pour ceux de l’Afrique du nord, la banane pour ceux des régions tropicales ; l’arbre est, de plus, un trait caractéristique des paysages japonais. La naturalisation des kakis est en bonne voie chez nous ; il n’est pas douteux qu’elle fasse de rapides progrès, et qu’elle devienne une source de sérieux bénéfices pour les contrées ou cet arbre pourra être cultivé.

Diospyros-rev-Hort-1887.jpg

kakis dans la revue horticole de 1887

Au 19° et début du 20° siècle, on retrouve de nombreuses sources bibliographiques sur le thème du kaki. Voici quelques extraits d’un article également intitulé « les kakis du Japon », paru dans la revue horticole en 1872 et rédigé par F.Coignet, ingénieur en chef des mines d’Ikouno au Japon :

La kaki est un arbre très commun au Japon ; il donne, peut-être a l’exception de quelques orangers, le meilleur fruit du pays. On le rencontre presque partout, et je suis certain qu’il croit et fructifie du 31° degré de latitude nord jusqu’au 38° degré au moins ; plus au nord, je ne puis affirmer sa présence, quoiqu’elle y soit probable. Il pousse a des altitudes très variées, depuis les bords de mer jusqu’à 1000 mètres, hauteur au-dessus de laquelle je ne l’ai pas remarqué, mais toujours dans les lieux humides et dans des terres argileuses chargées d’oxyde de fer, quelquefois très compactes. Il peut supporter des températures très différentes, depuis 38° de chaleur dans le sud de l’île de Kiousiou (Kyushu), province de Satsonia, jusqu’à 20° au-dessous de zéro dans l’île de Sado, 38° de latitude nord.

Il serait, je crois, très facile d’acclimater cet arbre en France, dans les pays humides ; il donnerait a nos jardins un bel arbre de plus, des fruits qui seraient bien vite très estimés, et un beau bois pour l’ébénisterie.

Un troisième article portant le même titre est paru dans la même revue en1885 et était signé de Xavier Fabre & fils, horticulteurs a Bagnols-sur-Cèze dans le Gard. Ils y font part de leurs expériences de culture et sont moins optimistes sur les exigences et la rusticité des kakis.

Extraits :

Nous ne cultivons que les kakis a gros fruits ; voici le résumé de nos expérimentations : il faut a ces végétaux des terrains sablonneux, légers et perméables ; ils redoutent essentiellement les terres argileuses, humides, a sous-sol aqueux. Ils s’accommodent mal des hivers rigoureux, et, bien que rustiques, certaines espèces ne supporteraient peut-être pas les froids du nord de la France. Leur habitat parait être celui de l’olivier et du figuier.

Nous possédons un D.costata qui se couvre de fruits tous les ans. Les sujets qui conviennent a la multiplication des kakis sont le D.lotus, d’Italie*, et le D.virginiana, de l’Amerique, introduits depuis longtemps déjà dans les cultures françaises.

Les kakis sont l’une des principales ressources alimentaires du Japon, ou l’on en cultive plus de cent variétés ; ils sont déjà recherches a San-Francisco, ou quelques espèces sont cultivées et estimées.

*: La répartition naturelle de D.lotus est la Chine (Anhui, Gansu, Guizhou, Hebei, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Liaoning, Shaanxi, Shandong, Shanxi, Sichuan, Yunnan, Zhejiang), l’ouest de l’Asie, le sud de l’Europe. Il est naturalise dans de nombreux pays autour de la Méditerranée.

Diospyros-costata-rev-Hort-1904.jpgDiospyros costata dans la revue horticole en 1904


Les kakis du Japon passionnent donc visiblement les jardiniers du 19°. En 1877, la revue horticole publie une lettre intitulée « des kakis japonais » reçue de P.Marchand, personne habitant la ville de San-Francisco. On y retrouve des informations citées dans les extraits ci-dessus mais également :

Extraits :

Le bois est très recherché par les japonais pour la sculpture de meubles, corniches et beaucoup d’objets d’art qui demandent un bois très serré. Les magnifiques ouvrages sculptés japonais exposés a Philadelphie au centenaire faisaient croire aux visiteurs que c’était du bois de noyer, étaient faits en bois commun teint avec du jus de Persimmons (le kaki).

Les localités ou l’on trouve les kakis au Japon sont a Iyo, dans Shikoku et dans le Musashi, ou Tokyo est situe. Les meilleures variétés sont Ono kaki, dont les fruits ressemblent a une orange ; sèches au soleil et mélangés avec du sucre, ces fruits sont conservés et vendus comme des figues. Le Kinerikaki a des fruits bons a manger frais, mais qui ne valent rien pour faire sécher. Enfin, pour finir ce tour bibliographique non exhaustif du 19° début 20° siècle sur les kakis du Japon, voici quelques extraits d’un article intitule « les kakis ou plaqueminiers du Japon » paru dans la revue horticole de 1904 et signe par Catros-Gerand.

Extraits :

Un officier de marine m’écrivait de Toulon le 20 octobre 1860 : « J’arrive du Japon et j’apporte quelques sujets d’un arbre fruitier inconnu en France. On en cultive plusieurs variétés, dont les fruits merveilleux ornent les boutiques des marchands de comestibles de Tokyo, Yokohama, et de toutes les grandes villes ». Je m’empressai de demander le coût de cet arbre merveilleux; la réponse ne se fit pas attendre : chaque sujet valait mille francs.

Au Japon, le kaki est l’arbre fruitier populaire. Ses fruits entrent dans des pâtisseries et les confitures.

On les fait sécher comme les prunes, les dattes, les figues ; ils entrent dans la préparation des boissonset d’une foule de produits industriels.

Sur le plan botanique, Diospyros kaki est une espèce tres variable et de nombreuses espèces décrites ne sont en réalité que des formes de celui-ci. De nombreuses variétés cultivées au Japon et en Chine sont issues de une ou plusieurs espèces sauvages.

L’arbre semble avoir été cité pour la première fois par Alv. Semedo dans son travail intitulé « Relatione della grande Monarchia della Cina » paru en 1643. On retrouve ensuite une figure et une description dans « Flora Sinensis » (1656).

L’arbre a été introduit en culture en 1789 par Joseph Banks. On retrouve plusieurs écrits sur les différentes variétés donnant des fruits en culture, comme par exemple D.costata dans le jardin de William Hutt en 1875 mais sans indications si l’arbre est cultivé en extérieur ou sous serre. A cette époque, la question de la rusticité du kaki revient souvent. En effet, des jardiniers français ont a cette époque noté que le kaki succombe aux hivers rigoureux de Paris. L’illustration parue dans Curti’s Botanical Magazine en 1907 a été réalisée à partir d’un sujet cultivé par C.Sahut, pépiniériste a Montpellier.

Diospyros-kaki_Bot_mag_1907_tab_8127.jpg
Diospyros dans le Curti's Botanical Magazine en 1907

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Published by Cedric Basset - dans horticulture asiatique
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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 19:49

Une page d’histoire…
Je vous parle souvent de la biodiversité et des difficultés actuelles d’introduire et de tester de nouvelles plantes en culture sans être pointé du doigt comme étant un potentiel terroriste écologique. La question n’est pas prête d’être close.
J’ai trouvé dans les archives, ce texte de Mr.Naudin, publié en 1866 dont le titre était «naturalisation de végétaux exotiques ». Bien que datant de près de 150 ans, je trouve ce texte encore très actuel et il illustre bien nos difficultés lors de nos introductions de plantes.
Ce texte a été écrit à l’occasion de la (première ?) fructification du cèdre de l’Himalaya en France.

Cedrus deodara 1.Pinetum Brit.1884

"L’introduction de végétaux, surtout de végétaux utiles, dans les pays qui ne les possèdent pas naturellement, est sans contredit un des côtés les plus attrayants de la culture de la terre. Toute la question est de les assortir au climat et aux conditions économiques des lieux et des temps. Ce qui a fait la gloire de Parmentier, ce n’est pas d’avoir découvert la pomme de terre, qu’on connaissait bien avant lui, mais d’avoir compris le premier qu’elle pouvait tenir une place importante dans l’agriculture moderne et de l’avoir fait accepter. Au surplus, le mérite n’est pas moindre pour ceux qui savent découvrir dans les simples végétaux indigènes des propriétés restées jusque-là sans emploi, et qui parviennent, en les améliorant, à en tirer de nouvelles ressources agricoles. Quels services, par exemple, n’ont pas rendus les inventeurs de la betterave, du trèfle, de la luzerne, du sainfoin, et de quantité d’autres plantes devenues, ici ou là, une nécessité dans l’exploitation du sol ? La voie n’est pas nouvelle, sans doute, et bien des explorateurs l’ont déjà parcourue ; mais qui oserait dire qu’elle est épuisée et qu’il n’y a plus de découvertes à faire ?
Qu’on ne croie pas d’ailleurs que ces découvertes soient faciles et qu’elles s’offrent d’elles-mêmes au premier venu ; pour les faire, il faut une  perspicacité qui n’a pas été donnée à tout le monde. La connaissance des plantes est loin d’y suffire ; il faut y ajouter une sorte d’intuition des besoins du moment, deviner, pour ainsi dire, que la nature consentira à s’y plier, et, si elle résiste, savoir l’y contraindre par de savants artifices. Mais c’est là le point épineux, c’est là que beaucoup d’expérimentateurs succombent. Enfin, l’art le plus ingénieux lui même reste impuissant si les circonstances ne lui viennent pas en aide. Combien, depuis une cinquantaine d’années, n’a t-on pas vu d’essais, en apparence parfaitement conçus, échouer, faute de ce quid tertium plus facile à nommer qu’à définir ? Contre cette dernière difficulté, il n’y aurait qu’une ressource : lutter avec une persévérance infatigable ; mais qui consentirait à lutter sans cesse et sans espoir ?
Il y a cependant des caractères assez fortement trempés pour n’être  découragés par rien, et qui meurent à la peine ou triomphent. L’Angleterre, si féconde en améliorations agricoles, nous donne en ce moment une preuve nouvelle de ce que peut la volonté pour vaincre les résistances de la nature. Elle a voulu introduire les arbres à Quinquina dans ses possessions de l’Asie, et, malgré des obstacles multipliés, elle y a réussi. Ses plantations de  Quinquina occupent dès à présent de vastes espaces, à Ceylan, dans les montagnes des Nilgherries, et jusque dans l’Himalaya, sous un ciel presque aussi tempéré que celui de l’Europe méridionale. A Ceylan déjà, les arbres, presque adultes, ont fleuri et donné des graines, ce qu’on peut considérer comme le criterium de la naturalisation. Dans l’Himalaya, il existait, à la fin de l’année dernière, près de 40.000 pieds de Quinquinas, et ce nombre sera plus que doublé cette année. On se rappelle que, dans ces mêmes montagnes, l’Angleterre a installé, il y a une dizaine d’années, des cultures de thé, aujourd’hui florissantes, et bientôt peut-être les rivales de celles de la Chine. Enfin, si de l’Inde nous portions nos regards sur les colonies de la Nouvelle-Hollande, nous y retrouverions les prodiges de la persévérance anglaise dans sa lutte contre la nature. Toutes ces jeunes colonies grandissent à vue d’oeil depuis qu’on y a introduit, sur une immense échelle, les plantes économiques et les animaux domestiques de l’Europe. Au lieu de disserter sur l’acclimatation, on a agi comme si l’acclimatation était démontrée, et les résultats prouvent qu’effectivement c’était ce qu’il y avait de mieux à faire. En France, nous sommes loin de déployer une pareille activité, ce qui tient peut-être à ce que les ressources privées y sont beaucoup moins grandes qu’en Angleterre. Cependant le champ des expériences est ouvert devant nous tout aussi bien que devant nos voisins. La seule différence est que ce champ d’expériences, au lieu d’être à 5000 lieues de nos côtes, est simplement sous nos pieds. C’est la France elle même, allongée de la Corse et de l’Algérie. Ne médisons pas, cependant de nos compatriotes.

Cedrus deodara 2.Pinetum Brit.1884 Cedrus deodara 3.Pinetum Brit.1884
Cedrus deodara publié dans Pinetum Brit. en 1884

Au milieu de l’indifférence ou de l’impuissance générale à acclimater, on peut citer quelques hommes d’initiative, qui ont pris au sérieux la naturalisation des arbres exotiques, et en ont introduit un bon nombre sur divers points de notre territoire, où on sera bien aise un jour de les trouver. Parmi ces hommes de progrès, il n’est que juste de rappeler ici celui qui s’est le plus signalé dans cette voie, le vénérable créateur de l’arboretum de Geneste, près Bordeaux, M.Ivoy, qui a consacré déjà plus de 40 ans de sa vie à cette utile entreprise. C’est à lui que nous devons de savoir que les arbres de l’Amérique septentrionale ont trouvé dans les landes un climat et un sol favorables, et que, par eux, cette terre jusque-là si peu productive, pourra fournir des bois de construction bien préférables à celui du pin maritime, qui l’a presque  exclusivement occupée depuis des siècles. Nous ne reparlerons pas des succès qu’il a obtenus dans sa longue carrière, mais nous sommes bien aise de pouvoir ajouter à ce que l’on en sait déjà que, le premier en France, il a récolté des graines mûres du cèdre de l’Himalaya, et qu’une vigoureuse génération nouvelle, issue de ces graines, s’élève en ce moment dans ses plantations. On peut donc considérer désormais ce bel arbre comme définitivement acquis à la France.

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Published by Cedric Basset - dans Botanique
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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 19:44

La crise, toujours la crise...
A l’heure où le monde des affaires cherche des valeurs refuges dans quelques monnaies ou matériaux nobles, le consommateur cherche lui aussi à investir dans le durable. Et si le jardin était cette fameuse valeur refuge ? En effet, quoi de plus naturel que de s’occuper de son environnement proche, source de repos et de plaisir. En plantant un arbre, on investi pour l’avenir ; en plantant des fruits et des légumes, on s’assure de quelques bon repas équilibrés et bon marché ; en fleurissant sa terrasse et son balcon, on embellit son cadre de vie....
L’heure est venue du cocooning jardinage, le temps des plaisirs simples. Le jardinage nous apprend le labeur, la patience, l’échec mais aussi les grandes réussites. On récolte le fruit de son travail.
Avec quelques graines, on obtient une belle quantité de plantes. On en donne ou échange contre d’autres plants. Cela favorise les contacts, rapproche les frontières. Et puis il y a une myriade de petits pépiniéristes collectionneurs très motivés et prêts à vous faire découvrir leurs trésors -chez eux ou sur les nombreuses foires aux pantes - avec leurs bons vieux conseils. Car ils les connaissent leurs plantes. Ils les ont élevées avec amour. Alors comme pour les légumes que l’on va acheter le dimanche au marché, profitez des marchés aux plantes qui vont bientôt reprendre (dès mars) pour venir discuter avec les producteurs et repartir avec la plante qui conviendra à vos besoins.
En 2014, faîtes vous plaisir, jardinez !

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Published by Cedric Basset - dans Mes petites humeurs
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 21:20

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Retrouvez les photos des plantes observées lors de notre dernier voyage sur la page : http://www.asianflora.com/voyage2013.htm

Et n'hésitez pas à la consulter régulièrement car il reste de très nombreuses photos qui s'y ajoutent presque tous les jours !

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Published by Cedric Basset - dans Voyages en Asie
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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 11:21

 

Voici une problématique qui ne date pas d'aujourd'hui mais, avec la disparition imminente d'un grand nombre d'espèces végétales à court terme, la donne a aujourd'hui bien changé. Historiquement, ce sont les jardins botaniques qui se sont toujours chargé de diffuser des espèces nouvelles ou rares, en lien étroit avec les horticulteurs et grandes pépinières de la seconde moitié du 19° siècle. Les expéditions botaniques avaient, certes, un but scientifique, mais elles devaient aussi introduire de nouvelles plantes dans le circuit horticole. Cela paraissait tout à fait normal. C'est à cette époque qu'a été diffusé dans les jardins un grand nombre de plantes que nous cultivons encore aujourd'hui. Mais depuis quelques décennies, ces échanges se sont toujours faits entre institutions et rarement à destination du monde horticole et des particuliers. Les jardins botaniques du 21° siècle se sont fixés 3 grandes missions que sont l'éducation, la conservation et la recherche. Si la première est effectivement en pleine expansion avec de nombreuses animations et expositions, il en ait tout à fait différent des 2 autres. Le rôle pédagogique des jardins botaniques n'est plus à démontrer. Ils bénéficient souvent des structures adaptées, de personnel pour les animations et surtout, cela représente de plus en plus d'entrées d'argent pour ses organismes. La mission recherche est un bien grand mot vu le peu de budget et de matériel dont bénéficient les jardins botaniques. Il est de plus difficile d'avoir du personnel qualifié pour cela et, quand bien même ce serait le cas, les missions de ces personnes sont orientées ailleurs. Il est vrai que de nombreux jardins en France sont municipaux et la recherche botanique ne fait pas partie des priorités des élus.

C'est la mission conservation qui nous intéresse ici. On entend beaucoup parler des biodiversité et de conservation ex-situ. Ce sont là aussi de bien grands mots. Les conservatoires botaniques ont, eux, un véritable rôle à jouer dans la protection de la flore française. Ils ont été crée pour ça. Mais qui assure la diffusion d'espèces rares originaires d'autres pays ? Sans entrer dans le débat du « ce n'est pas aux français de sauvegarder une espèce turque, chinoise ou japonaise », les milliers de jardiniers passionnés de notre pays ont un rôle à jouer dans ce domaine.

Le mot conservation me pose problème. La conservation ex-situ implique des tâches et problématiques difficiles (impossibles ?) à respecter à long terme : identification correcte des taxons en culture, provenance connue, pollinisation contrôlée, multiplication à grande échelle, brassage génétique, diffusion dans les réseaux, suivi des « populations »...

Les jardins botaniques ne sont pas organisés en ce sens comme peuvent l'être les parcs animaliers.

Plutôt que conservation, je préférerai le terme préservation. Même s'il venait à disparaître des milieux naturels, le Ginkgo biloba est préservé dans les jardins du monde entier. Certes, rien ne remplace la protection des espèces dans leur aire naturelle mais la diffusion en plus grand nombre d'espèces rares peut avoir son utilité.

Or, les jardins botaniques échangent du matériel végétal entre eux. Rares sont les pépiniéristes ou particuliers qui peuvent en bénéficier de manière officielle. Aujourd'hui se pose le problème des budgets et postes en diminution dans nos institutions. Les collections botaniques sont plutôt à la baisse et l'on voit bien le poids politique que pèse un jardin (pour ne citer que l'exemple des somptueuses serres d'Auteuil). A ceci s'ajoute les textes internationaux censés protéger la nature. Maintenant, lorsque deux jardins botaniques s'échangent des graines via leurs Index Seminum, ils s'engagent de manière écrite à ce que le matériel ainsi acquis ne se retrouvent surtout pas dans un circuit commercial. Adieu donc la diffusion des plantes aux pépinières à partir des jardins. Alors oui, vous allez me dire que les jardins ne cultivent pas des plantes pour ensuite « enrichir » les pépiniéristes. Il faudrait d'abord me citer ne serait-ce qu'une pépinière de collection qui a rendu riche ses propriétaires ! Il est tout de même très étonnant que le fait de vendre des plantes dans le but de les préserver choque à ce point. Si on dit que la nature ne doit pas devenir un bien marchand, pourquoi alors a t-on instaurer des droits à polluer ? (transactions par lesquelles certains pays industrialisés achètent des crédits carbone à d'autres, afin de se conformer partiellement au protocole de Kyoto). Il me semble normal qu'un pépiniériste qui multiplie, élève et diffuse des plantes soit rétribué pour son travail.

Et c'est bien là que je veux en venir. Alors certains me diront que je prêche pour ma paroisse. Il n'empêche. Les jardins botaniques ont accès à une source très vaste de matériel végétal mais n'ont bien souvent ni les infrastructures, ni le matériel, ni la place pour multiplier à grande échelle. Les pépinières, quant à elles, ont toutes les peines du monde à trouver de nouvelles plantes botaniques mais disposent de personnel qualifié en matière de bouturage, greffage, semis et des structures adaptées. A contrario, les pépiniéristes n'ont bien souvent ni la connaissance botanique ni un accès facile à la documentation scientifique. C'est pour cela que l'on retrouve des plantes mal nommées qui sont diffusées sous leurs noms erronés (ceci arrive également bien souvent de la part des jardins botaniques!). On ne peut pas en jeter la pierre à l'horticulteur. Quel pépiniériste va trouver le document, le temps et le matériel pour vérifier si son Deutzia de Chine a bien des poils étoilés à 8 branches sous les feuilles ?

J'ai visité récemment l'arboretum d'un particulier en Bretagne. On y trouve un tas de plantes très intéressantes et introuvables dans le commerce dont certaines à fort potentiel ornemental. Je ne sais pas si le propriétaire a envie que ses plantes soit diffusées dans le commerce. Mais si cela lui payait l'entretien de son arboretum ? Et si des botanistes venaient lui vérifier et confirmer le nom de ces végétaux ? Il en serait sans doute le premier heureux.

A mon sens, les pépinières de collection sont aujourd'hui les seules à même de multiplier et diffuser les plantes rares dans les jardins, surtout face au raz de marée actuel de plantes issues de l'industrie horticole. Ne pourrait-on pas, enfin, faire travailler les deux ensemble ? Les jardins botaniques apporteraient le matériel végétal et la connaissance botanique, le pépiniériste, quant à lui, se chargerait de la multiplication et de la diffusion. Ce serait gagnant-gagnant. Le pépiniériste y trouverait de quoi apporter des nouveautés à son catalogue (des nouveautés avec une détermination du nom exacte), les jardins auraient là une source fiable pour régénérer et préserver leurs collections et les espèces encore trop rares dans nos jardins y trouveraient enfin une place.

Des opérations de communication sur les espèces ainsi multipliées pourraient être réalisées dans les jardins afin de mieux faire connaître ces plantes du grand public. Cela réduirait aussi peut être les vols dans les collections.

Ce partenariat pourrait tout d'abord être ciblé que sur un certain nombre d'espèces. J'ai récemment collaboré avec une personne réalisant un programme de sauvegarde sur le genre Zelkova (via le BGCI). Inventorier les espèces présentes dans des jardins botaniques est utile mais ces arbres restent méconnus du grand public. Certes, le marché ne représentera jamais des milliers de plants mais le travail pourrait aussi s'orienter dans ce sens. Nous en cultivons 3 espèces dans notre jardin que nous multiplions pour la pépinière. Et nous trouvons des jardiniers très intéressés.

Aujourd'hui, quels réseaux restent-ils pour que les pépiniéristes s'approvisionnent en nouvelles plantes botaniques ? Presque aucune. Alors, ne favorise t-on pas, à terme, le « vol » de graines, boutures -voire plantes- dans les jardins ? Et le problème de multiplier des graines collectées dans des collections qui peuvent être hybridées va s'accroître. Et on va finir par diffuser des espèces de plus en plus éloignées de leur type, qui décevrons leurs acquéreurs et n'auront plus aucun intérêt au titre de leur sauvegarde. Je le répète, seuls les jardins botaniques pourraient fournir du matériel végétal issu de collectes en nature et donc réduisant les risques d'hybridations.

Je trouve vraiment dommage que nos institutions ne soient pas plus présentes à ce niveau là. Peut être aussi que la diffusion de plantes « exotiques » dans le cadre d'un partenariat avec une institution permettrait de dédramatiser la tendance actuelle qui consiste à dire « plante exotique, plante envahissante». Il faut arrêter la psychose ! Une vigilance est certes nécessaire mais un botaniste, même amateur, qui collecte 20 graines sur un arbre en Chine ou même en Allemagne n'est pas pour autant un terroriste ! Il fût un temps, encore assez récent d'ailleurs, où les explorateurs botanistes étaient admirés. N'est ce pas grâce à eux que l'on peut profiter dans nos jardins d'un jasmin, d'une glycine, d'un hortensia ou d'un Ginkgo justement ? Pas besoin de remonter au 19° siècle. Des botanistes-explorateurs de notre temps, comme Roy Lancaster par exemple, ont collecté sans doute des milliers de plantes nouvelles pour nos jardins. Je pense que son jardin personnel fait d'ailleurs l'admiration de nombreux d'entre nous. Personnellement, je n'ai jamais entendu quelqu'un dire « ah, ce Roy, un vrai terroriste, il a introduit plein de plantes invasives ».

A ce titre, qui peut me citer des espèces qui ont disparu en Europe à cause de plantes venues d'ailleurs ? Je ne parle pas, bien entendu, des milieux insulaires très fragiles. Mais sur notre continent eurasiatique ? Nos campagnes sont-elles envahies de forsythias, hortensias ou pivoines du Japon ?

Alors aujourd'hui, on nous dit que prendre quelques graines est une collecte illégale, etc, etc... C'est aussi pour cette raison que les jardins botaniques restent en retrait par rapport aux collectionneurs. Mais le système actuel ne favorise t-il justement pas ceci ? Qu'un arbre soit privé de 50 graines met t-il en sursis sa survie ? Il vaut mieux 50 plants obtenus de graines collectées in situ que 50 plants issus de graines hybridées dans un jardin. Si les jardins botaniques diffusaient des graines ou plants aux pépiniéristes, ceux-ci trouveraient là du matériel avec une origine nature directe et de manière officielle.

Depuis 2 ans, nous multiplions un pommier rare, le Malus doumeri (voir bulletin de l'APBF n°45). Cet arbre a été proposé il y a quelques années par un jardin botanique de Taiwan (graines collectées in situ). Les plants obtenus ne devraient donc pas être utilisés à des fins commerciales. J'ai obtenu un lot de ces graines via un taiwanais avec qui j'échange régulièrement des semences. L'an dernier, nous avons pu commencer à multiplier nos 3 pieds-mères du jardin. Mais il est tout de même extravagant que l'on soit obligé de procéder ainsi pour pouvoir multiplier les plantes obtenues ! Surtout que, même si je n'en ai pas la preuve, je soupçonne cette personne de travailler elle-même dans un jardin botanique !!!

Si on commence à taper sur les multiplicateurs d'espèces sauvages issues d'une collecte de graines dans un pays lointain, ne seront t-il pas tentés, comme cela se fait déjà beaucoup, d'y ajouter des noms de cultivars superflus, tels 'Winter Beauty' ou 'Winter Surprise' afin d'échapper aux possibles poursuites ? Et comment le jardinier amateur va t-il discerner une plante botanique d'une horticole ? On est déjà confronté à ce problème. Et à vouloir tout contrôler, à se plier aux exigences des multinationales, tout en remplissant les caisses bien vides des gouvernements, ne glisse t-on pas doucement mais sûrement à une obligation future de déposer -donc payer- tout nom commercial ? Un pépiniériste n'aura donc plus la possibilité de trouver et multiplier des espèces sauvages ou alors, il y ajoutera un nom de cultivar. Mais, à ce moment là, il n'aura pas les finances pour faire enregistrer le nom. Les semenciers de variétés anciennes connaissent déjà, hélas, que trop bien le problème.

Il est très habile de la part de nos gouvernements de détourner l'attention des citoyens sur des histoires de graines de tomates ou de botanistes irresponsables à l'heure où ceux-ci ferment les yeux sur les milliers de nouveaux parasites introduit chaque année dans les conteneurs des cargos en provenance des autres continents, à l'heure où la déforestation repart de plus belle en Amazonie, où les rejets de CO2 dans l'atmosphère n'ont jamais été aussi hauts et où les vrais problèmes écologiques de nos pays ne sont pas traités comme ils le devraient.

Je viens de livrer là quelques réflexions personnelles et il y a peu de chances que les choses évoluent rapidement. Mais cela montre bien comme il est difficile de trouver, multiplier, diffuser et pérenniser des espèces rares dans nos jardins. Et la France est malheureusement là aussi bien à la traîne par rapport à d'autres pays. Certes, ceci est un investissement important en terme de temps car il est toujours plus facile de vendre un forsythia qu'un Meliosma ! Mais plus que jamais, avec les plantes en voie d'extinction et les coupes budgétaires dans nos institutions botaniques, il n'a été souhaitable que jardins botaniques et collectionneurs travaillent main dans la main afin de maintenir de belles collections végétales dans notre pays.

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Published by Cedric Basset - dans coups de gueule
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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 22:06

Co-écrit avec Olivier Ezavin. Parution en novembre 2012, éditions Ulmer, 24€
Dans toutes les libraires et sur le site de la pépinière

Ecrit à 4 mains, par un pépiniériste spécialiste des fougères et un botaniste qui les a étudiées dans leurs milieux naturels, Fougères rustiques pour le jardin est un ouvrage vraiment complet qui traite à la fois des aspects botaniques et de la culture des fougères au jardin. Très illustré l'ouvrage propose des conseils de plantation, des idées d'associations et la description complète et détaillée de plus de 90 espèces adaptées à nos jardins. Fougères rustiques pour le jardin donne toutes les informations nécessaires à leur culture et met en évidence l'éventail de formes et de couleurs offertes par ces plantes encore trop méconnues des jardiniers, qui offrent pourtant de nombreuses possibilités d'associations et qui sont incontournables dans les jardins ombragés.

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Published by Cedric Basset - dans livres
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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 20:40

Dans ce 2° numéro, retrouvez toutes les actus de la pépinière avec les nouveautés de l'automne mais également des articles sur les Lespedeza, le tilleul de Henry et sur les floraisons d'automne : cliquez ici

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Published by Cedric Basset - dans Les plantes de notre jardin
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