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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 21:55

Voici un autre genre bien connu dans nos jardins, les fusains. J’aime particulièrement parler des genres qui sont tellement cultivés que nous ne les regardons plus. Il faut dire que pour beaucoup, nous en avons une vision déformée par le fait que nous n’en connaissons qu’une infime partie, et bien souvent, ce ne sont pas les plus belles espèces. Nous aurons l’occasion d’en reparler mais les épines-vinettes (Berberis) ne sont pas avantagées avec le cultivar pourpre plein d’oïdium qui sert à faire des haies très moches aux pieds des immeubles, ce n’est pas mieux pour les spirées, les troënes, les cotoneasters, ou, justement, les fusains avec le fameux fusain du Japon toujours couvert de cochenilles avec ses cultivars à feuilles bariolées que l’on trouve surtout dans les cimetières.

Pourtant, le genre Euonymus compte environ 130 espèces ! Elles ont une large répartition allant de l’Amérique du nord à l’Australie, en passant par l’Europe, Madagascar et l’Asie. Là encore, la Chine est un centre de diversité avec les deux tiers des espèces présentes sur son territoire.

 

Les fusains présentent beaucoup d’intérêt dans le jardin par leurs couleurs d’automne, leurs floraisons parfois colorées et surtout par leurs généreuses et colorées fructifications automnales.

 

L’espèce présentée ici a des feuilles persistantes. Nous aurons l’occasion d’en voir d’autres qui, elles, sont caduques. C’est un arbuste intéressant en isolé, pour faire des brise-vue ou pour inclure dans des haies vives et original par ses drôles de fleurs.

 

Cette espèce fut collectée par Henry dans le Hubei en Chine et décrit ensuite en 1893 par Hemsley à partir de ces échantillons présentant des fleurs et de jeunes fruits. Les échantillons en fleurs provenaient du sud de Patung et les spécimens en fruits de Chienshih. Ce fusain fut ensuite collecté à plusieurs reprises par divers botanistes et les échantillons démontrèrent la grande variabilité au sein de l’espèce.

Sur l’ensemble des échantillons récoltés, certains furent mis à part et ont servit à décrire deux autres nouvelles espèces : E.rosthornii à partir d’échantillons collectés à Nanchuan dans l’est du Sichuan (diffère de E.myrianthus par ses feuilles plus grandes, ses pétioles plus courts, ses anthères plus petites, ses capsules obovoïdes ou étroitement lancéolées) ; et E.sargentianus à partir d’échantillons collectés par Wilson à Wa-shan dans l’ouest du Sichuan (il diffère par ses capsules oblongues-ovoïdes, quelque peu aigues à l’apex, ses pétioles plus courts et plus fins et ses feuilles plus étroites).

Les types d’herbiers de ces trois taxons sont préservés dans l’Herbarium de Kew à Londres et les échantillons sont suffisamment nombreux pour les comparer et conclure que les trois espèces n’en font, en réalité, qu’une seule.

Ces échantillons ont été collectés dans des habitats très variés comme les lieux humides, les fourrés, les lieux frais et boisés, les falaises, les bords de chemins, entre 1000 et 2100 m. Handel-Mazzetti le signale dans des forêts tempérées chaudes sur sol argileux et W. Tsang le décrit comme commun dans les fourrés détrempés sur sol sableux.

 

Les fruits lisses et anguleux  sont une caractéristique de l’espèce parmi les persistantes. Ils sont lisses mais globuleux à lobes arrondis chez E.japonicus ; lisses et presque divisés jusqu’à la base chez E.pendulus ; globuleux et épineux chez E.wilsonii. Nous allons d’ailleurs revenir à cette espèce un peu plus loin.

 

Euonymus myrianthus se cultive au soleil, à mi-ombre ou même à l’ombre en sol bien drainé. Il supporte les sols pauvres et relativement secs. Le notre est planté sous un chêne centenaire dans du remblais et il supporte sans problème le sol très sec en été mais bien drainant en hiver. Il n’a jamais souffert des hivers froids et son feuillage reste bien vert. Sa croissance n’est pas très rapide mais il forme un bel arbuste à la ramification dense. J’apprécie beaucoup ses fleurs jaune pâle et cireuses.

 

Dans la nature, il pousse dans les provinces chinoises de Anhui, Fujian, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hubei, Hunan, Jiangxi, Shaanxi, Sichuan, Yunnan et Zhejiang. Elle y est notée commune bien que nous n’ayons jamais eu l’occasion de l’observer. Euonymus lipoensis est également un synonyme.

 

On trouve parfois dans le commerce une autre espèce chinoise à feuilles persistantes, E.wilsonii. Cette espèce est proche de E.myrianthus. Cependant, il semblerait que toutes les plantes cultivées sous le nom de E.wilsonii en Europe soient fausses et ne seraient, en réalité, que du E.myrianthus. Nous ne disposons que de peu de documentation sur E.wilsonii mais il semble prudent de considérer tous les E.wilsonii cultivés comme étant du myrianthus tant que des vérifications sûres n’auront pas été faites.

  

Euonymus-myrianthus.jpg

 

 

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